Goteborg-Munich en business class sur Lufthansa : sauvé par Daizy dans une ambiance surréaliste

Comme d’habitude une prestation solide de Lufthansa sur ce vol entre Goteborg et Munich en Business Class mais ça n’est pas le plus important.

C’est en effet avant et après le vol que se sont passés les faits les plus remarquables qui viennent enrichir le storytelling autour de ce voyage et font d’un vol a priori sans intérêt une histoire intéressante à raconter.

Après un rapide échauffement qui m’a emmené à Goteborg, c’est donc enfin le vrai coup d’envoi de ce voyage avec un vol pour Munich d’où je m’envolerai pour le Japon puis l’Australie. Un routing assez classique dans le cadre de la recherche de l’optimisation tarifaire et un vol qui aurait dû être anecdotique si les éléments n’avaient pas décidé de pimenter l’histoire.

Pour rappel, donc, le routing de ce voyage.

Vous trouverez un récapitulatif des articles sur ces vacances en Australie en bas de page.

Achat du billet

Comme je vous l’avais expliqué dans l’article expliquant la genèse de ce voyage en Australie j’ai réservé sur ANA un vol au départ de Goteborg pour Sydney via Tokyo mais la compagnie japonaise n’opérant pas depuis la seconde ville de Suède il y avait à l’aller un segment entre Goteborg et Munich et au retour entre Bruxelles et Goteborg.

Pourquoi se compliquer ainsi la vie ? C’est ce qui permet d’avoir un billet en business class pour aller en Australie sur une des trois meilleures compagnies au monde pour 3400 euros au lieu de 7000 au départ de Paris. Rapporté au prix au kilomètre c’est, à cette époque de l’année et dans le contexte d’augmentation des prix que nous connaissons une excellente affaire.

Mais chercher les meilleurs prix signifie donc souvent multiplier les correspondances, ce qui ne nous pose aucun problème d’autant plus que ça augmente le gain de miles, sauf que cela peut causer quelques frayeurs lorsque les choses tournent mal. Ce qui a presque été l’histoire de ce vol.

Enregistrement et parcours au sol

Je m’enregistre en ligne la veille de mon vol, et ce sans aucun problème. Là je ressens tout de même un vague sentiment de soulagement : pour l’instant tout va bien.

Avais-je une une raison de m’inquiéter ? Et bien oui.

L’avant veille, alors que je dinais dans l’excellent restaurant Saga à Goteborg j’ai vu passer sur les réseaux sociaux un message de Lufthansa indiquant qu’en raison de fortes chutes de neige l’aéroport de Munich était fermé depuis le début de la journée et que les vols ne reprendraient que le lendemain et très progressivement.

Ne partant que le surlendemain je n’ai a priori pas à m’inquiéter sauf qu’ayant un peu d’expérience en la matière je me dis que pour que mon vol quitte Goteborg le lundi il faudrait déjà qu’il arrive de Munich la veille vu qu’il s’agit du premier vol du matin.

Je vérifie aussitôt le planning et me rend compte que tous les Munich-Goteborg du lendemain (Lufthansa en opère 3 ou 4 si je me souviens bien) sont annulés…sauf le dernier. Donc a priori tout va bien et d’ailleurs je ne reçois aucun message de la compagnie mais on sait bien que dans ces cas là on n’est jamais sûr de rien tant qu’on a pas décollé.

Pouvoir m’enregistrer le lendemain matin a donc contribué à me rassurer même si je savais qu’il me faudrait rester vigilant jusqu’à la dernière minute.

La veille au soir je surveille le statut du vol à la fois sur le site de l’aéroport et sur Flightradar24. Tout va bien jusqu’à ce le vol soit marqué comme retardé. Pas rassurant mais prévisible. Puis les retards s’accumulent et le statut ne fait qu’alterner entre « retardé » et « statut indisponible ».

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Vu que l’aéroport a été fermé et qu’il faut relancer toutes les opérations, possiblement avec des avions qui arrivent également sur la plateforme en retard avant de repartir et dans des conditions météo difficile tout cela est compréhensible. Maintenant ma crainte est que l’avion n’arrive pas à partir avant que l’aéroport ne ferme ou que l’heure de fermeture de Goteborg n’oblige pas à annuler le vol où le rerouter vers un autre aéroport.

Le temps passe et il est presque minuit. Sur Flighradar rien ne bouge jusqu’au moment où je vois un appareil se diriger vers la piste. Par acquis de conscience je clique dessus et reconnais l’immatriculation de l’appareil : D-AIZY. Il a bien quitté sa porte mais visiblement a du oublier d’activer son transpondeur car on ne peut le suivre que par l’immatriculation, pas le numéro de vol.

A partir de maintenant mon sort est donc entre les mains (ou les ailes) de celle que je nommerai affectueusement Daizy.

Mais ça n’avance pas et il reste longtemps arrêté avant le seuil de piste. Certainement la procédure de dégivrage mais tant que je ne le vois pas en l’air je ne serai pas rassuré. Daizy finit par s’élancer et finalement on peut à nouveau le suivre avec son numéro de vol.

Il est minuit passé, je décolle le lendemain à 6h00 et même si je loge au Scandic Landvetter directement à côté du terminal je me dis qu’un réveil vers 4h30 au plus tard sera nécessaire, a fortiori s’il faut gérer un retard de vol et un impact sur ma correspondance auquel cas plus on s’y prend tôt mieux c’est.

Pourquoi craindre un retard ? Vue l’heure très tardive d’arrivée de l’appareil il est assez probable que l’équipage ait atteint sa limite d’heures de vol et doive observer une période de repos avant de repartir. A moins qu’ils soient partis avec deux équipages où qu’il y ait eu un équipage qui soit resté en stand-by à Goteborg ? Possible mais pour l’instant si je sais que l’avion sera à priori là, rien ne dit qu’il repartira à l’heure donc ma correspondance est potentiellement en danger.

De son côté le vol en provenance de Tokyo est à l’heure et même en avance, donc inutile d’espérer que le retard de l’un soit compensé par celui de l’autre.

Il est donc temps d’aller me coucher…Olivier prenant le relais pour le suivi du vol à distance car ça n’est que le début de soirée chez lui. Il m’appellera s’il note quelque chose méritant de m’alerter en pleine nuit.

Réveil à 4h le lendemain pour aller enregistrer ma valise et vérifier que tout va bien. Double avantage d’avoir dormi dans cet hôtel : je suis à 5 minutes de l’enregistrement et je peux laisser mes affaires d’hiver dans ma valise puisque je n’ai pas à passer par l’extérieur, je choisis donc une tenue plus adaptée aux 30° que je rencontrerai à Sydney.

Content de ne pas avoir eu à mettre le nez dehors.

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Le vol est indiqué à l’heure donc à ce stade tout devrait bien se passer. Seul un impondérable climatique pourrait troubler mes plans comme des chutes de neige inattendues ici où à Munich.

Un peu de monde à l’enregistrement à cette heure : visiblement d’autres passagers ont préféré anticiper d’éventuels problèmes.

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L’enregistrement dans la file prioritaire ne me prendra que quelques minutes et je prends le fast track pour passer airside. Je trouve qu’à Goteborg le fast track est toujours très fast mais là il l’est encore plus.

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4h30 du matin : s’il y a du monde dans le terminal, et bizarrement beaucoup plus qu’attendu, tous les commerces et salons sont fermés. Même pas possible de prendre un café.

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Le salon SAS ouvre 60 minutes avant le premier vol SAS soit 5h10. 40 minutes à attendre et je n’aurai que 20 minutes à y passer. Vu le nombre de passagers qui attendent à cette heure ils pourraient penser à changer leurs heures…

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Le salon ouvre enfin !

Inutile de vous le présenter, on l’a déjà fait à de multiples reprises…

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Comme a mon habitude je prendrai un thé et une eau gazeuse…sans surprise je vois qu’une partie de la clientèle locale est déjà à la bière.

Je file rapidement vers la salle d’embarquement.

Embarquement

Contrairement à d’habitude elle est au rez-de-chaussée, suggérant un embarquement par bus alors que je vois un A320 Lufthansa garé à la porte juste à côté. Pas de personnel pour opérer la porte ?

En tout cas passagers et équipage sont là, c’est bon signe.

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A 5h38 un bus vient prendre l’équipage. Le pilote nous fait un grand sourire et un geste de la main, genre « on part et vous restez ». Il a l’air d’un comique et ça détend l’atmosphère.

Un premier bus pour les passagers arrive juste après. Une chose est sûre, on ne partira pas à l’heure mais, avec un temps de correspondance assez confortable, je commence à me détendre.

En fait notre avion n’est pas celui stationné en porte mais un autre garé au large. Un coup d’oeil à l’immatriculation le confirme : c’est bien notre Daizy que j’ai longuement suivi à distance la veille. Donc je présume que l’autre Lufthansa que j’ai vu est coincé là depuis plusieurs jours et qu’ils ont certainement interverti les équipages pour qu’on parte à l’heure.

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On nous garde dans le bus sans nous laisser sortir, mais vu le temps ça vaut mieux vu que le pilote est dehors et fait une visite d’inspection minutieuse avant qu’on nous laisse embarquer.

Après 10 minutes d’attente nous embarquons enfin. Il fait -10° et personne n’a envie de trainer dehors.

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Il faudra deux bus pour amener tout le monde et bien sûr les portes resteront ouvertes, inutile de vous dire qu’il ne faisait pas chaud dans la cabine mais le chauffage sera mis rapidement.

On nous distribuera également une bouteille d’eau pendant l’embarquement…j’aurais préféré un café.

La cabine

Sans aucune surprise on retrouve l’habituelle cabine moyen courrier de Lufthansa avec ses sièges NEK dont il se dit qu’après une longue attente le remplacement va enfin bientôt commencer. Mais quant on connait la précision des plannings de la compagnie quand on parle de planifier les déploiements de nouvelles cabines je préfère rester prudent.

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Un siège dont l’épaisseur lui fait mériter son surnom de planche à repasser mais c’est loin d’être le plus mauvais siège en moyen courrier en Europe.

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Il y a 3 rangs de business class sur ce vol et, le siège central étant neutralisé comme toujours chez Lufthansa, cela nous fait un maximum de 12 passagers.

L’espace pour les jambes est correct mais je me souviens de mieux sur Lufthansa.

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Le vol et le service

L’embarquement se terminera avec finalement seulement 15 minutes de retard et nous partirons après que l’appareil ait été dégivré.

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Nous décollons alors qu’au loin un beau lever de soleil se dessine.

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La cabine est maintenue dans une relative obscurité jusqu’au service, ça nous permet de finir notre nuit et rend le réveil moins douloureux.

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N’ayant pas de voisin je m’installe confortablement.

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Les commandes de boissons sont prises : comme d’habitude thé et eau gazeuse pour moi.

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Dehors le lever de soleil devient de plus en plus intéressant.

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On nous apporte les plateaux.

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Depuis le COVID je trouve que Lufthansa a vraiment diminué les quantités. Mais c’est visuellement plus rassurant que la chose qu’on ma servi l’avant veille sur Air France. Le service est fait au plateau, passager par passager, ce qui est aussi beaucoup plus appréciable et correspond davantage à ce qu’on attend en business class.

Le croissant est chaud mais un peu sec, la charcuterie et le fromage bons et avec du goût, et ce qui me semble être une crème à la noix de coco avec des tranches d’ananas vraiment frais et très bon.

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Finalement une prestation très correcte et en tout cas largement supérieure à ce que j’ai eu l’avant veille tant au niveau de la nourriture que du personnel.

Fin de vol sans histoire en regardant des séries sur mon iPad.

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Au et à mesure que nous approchons de Munich le spectacle à l’extérieur devient de plus en plus sympathique.

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Des chocolats nous sont offerts avant l’atterrissage. J’en prendrai un mais l’hôtesse insistera pour que j’en prenne plusieurs.

Atterrissage et arrivée

Désormais le jour se lève alors que nous approchons de notre destination.

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C’est désormais l’atterrissage…

Puis nous roulons vers le terminal dans une ambiance assez surréaliste.

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Les images rendent mal compte de la situation et vous le verrez mieux dans la review de mon vol entre Munich et Tokyo mais la luminosité est assez unique. Un ciel d’hiver, neigeux, un peu comme si on était dans une ouate qui étouffait tous les bruits et dans un aéroport qui porte encore les stigmates de deux jours de tempête de neige.

Un gris bizarre, un silence étonnant, un peu comme si j’arrivais le lendemain d’une guerre nucléaire. Vraiment une atmosphère surprenante.

Alors que nous roulons je spote le 787 ANA que je prendrai quelques heures plus tard pour aller vers Tokyo.

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Nous arrivons enfin à notre point de parking.

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Personne n’est là pour opérer la porte…10 minutes d’attente avant de pouvoir débarquer.

Me voici enfin dehors. Direction le salon Lufthansa avant de repartir vers Tokyo.

L’équipage

Très agréable et efficace.

Conclusion

Finalement un vol sans histoires qui ne mérite un si long récit que pour ce qui s’est passé avant et après : le suivi de mon entrant qui conditionnait ma correspondance et la suite du voyage, et une arrivée dans un contexte assez surréaliste, difficile à expliquer ici, en termes de sons, de lumière et dans un aéroport qui semblait avoir été dévasté la veille.

Et puis ces vols hivernaux matinaux sont souvent l’occasion de belles photos du soleil qui se lève

Mais bon, j’ai été très soulagé de voir notre Daizy pointer le bout de son nez à Goteborg.

Ce qui fait l’histoire d’un vol ça n’est pas toujours ce qui se passe dans l’avion…

Les articles sur ces vacances en Australie

#TypeArticle
1CarnetPréparation du voyage en Australie
2SalonSalon Air France Roissy 2G
3VolParis-Goteborg, Air France, Business Class (Embraer 190)
4HôtelDraken, Goteborg
5RestaurantKuruya, Goteborg
6RestaurantSaga, Goteborg
7HôtelScandic Landvetter Airport
8SalonSAS Lounge-Goteborg (déjà testé à de nombreuses reprises, pas de review)
9VolGoteborg-Munich, Lufthansa, Business Class (A320)
10SalonLufthansa Senator Lounge Munich T2 Portes H
11VolMunich-Tokyo Haneda, ANA, Business Class (B787)
12SalonAna Lounge, Tokyo Haneda, T2
13VolTokyo Haneda-Sydney, ANA, Business Class (B787)
14HôtelMoxy Sydney Airport, Sydney
15SalonSalon Virgin Australia Sydney Domestique T2
16VolSydney-Adelaide, Virgin Australia, Business Class (B737)
17HôtelIntercontinental Adelaide
18RestaurantDaughter In Law, Adelaide
19CarnetVisite d’Adelaide
20SalonSalon Virgin Australia, Adelaide, Domestique
21VolAdelaide-Melbourne, Virgin Australia, Economy X
22HôtelRitz Carlton Melbourne
23RestaurantEntrecote, Melbourne
24RestaurantDelhi Streets, Melbourne
25RestaurantBincho Boss, Melbourne
26HôtelW Melbourne
27RestaurantCapitano Carlton, Melbourne
28RestaurantRed Spice Road, Melbourne
29RestaurantYakikami, Melbourne
30RestaurantFreyja, Melbourne
31CarnetVisite de Melbourne
32SalonSalon Virgin Australia domestique, Melbourne
33VolMelbourne-Sydney, Virgin Australia, Economy X
34HotelW Sydney
35RestaurantManta, Sydney
36RestaurantAalia, Sydney
37CarnetVisite de Sydney
38SalonSalon Air New Zealand, Sydney T1
39SalonThe House, Sydney T1
40VolSydney-Tokyo Haneda, ANA, Business Class (B787)
41SalonAna Lounge, Tokyo Haneda, T2 (déjà testé à l’aller, pas de review)
42VolTokyo Haneda-Francfort, ANA, Business Class (B787)
43SalonLufthansa Senator Lounge, Francfort, T1 Portes A
44VolFrancfort-Goteborg, Lufthansa, Business Class (A321)
45HôtelJacy’z, Goteborg
46SalonThe Lounge, Goteborg Landvetter
47VolGoteborg-Paris, Air France, Business Class (Embraer 190)
48CarnetDébriefing de mes vacances en Australie

Goteborg-Munich en business class sur Lufthansa

Siège et cabine
Catering
Service
Ponctualité
Rapport Expérience / Prix

Des émotions

Un vol qui n'a rien de remarquable de par la prestation mais par des éléments périphériques qui ont provoqué un peu de tension, le tout dans un contexte spécial.

Bertrand Duperrin
Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a cofondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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