Alors que l’été bat son plein, saison propice aux tarifs plus élevés les uns que les autres dans le domaine de l’hospitalité, surtout en 2022, British Airways a fait en début de semaine une annonce très surprenante : elle suspend l’intégralité des ventes pour ses vols court-courriers au départ de Londres Heathrow et ce jusqu’au 15 août prochain . Pourquoi une telle décision ?
Retour sur cette annonce invraisemblable.
Une reprise de trafic plus rapide que les prévisions
Alors que les oiseaux de mauvais augure tablaient sur une reprise très lente du trafic à la suite de la pandémie de COVID-19 qui sévit sur la planète depuis le début de l’année 2020, il n’en a rien été.
Ainsi, tout en sachant qu’une grande partie de l’Asie est toujours fermée au trafic loisirs et/ou Business (notamment la Chine totalement et le Japon partiellement), les prévisions de trafic pour 2022 sont à plus du double de l’année 2020, et quasiment normales sur la zone Europe et Amérique, qui drivent une grande partie de l’EBIT des compagnies traditionnelles.
Des hubs de correspondance européens totalement dépassés
Puisque cette reprise est forte et soudaine, et que les mécanismes de chômage partiel en Europe ont trop bien marché, laissant aux collaborateurs aéroportuaires et aériens le temps de construire une autre activité, sans doute moins contraignante et plus rémunératrice.
Aussi, une grande partie des plateformes aéroportuaires européennes servant de hub aux compagnies sont totalement dépassées par le pic de trafic de l’été, n’ayant pas pu recruter et/ou former les nouveaux collaborateurs.
Ainsi, c’est Amsterdam Schiphol qui a ouvert le bal de l’indignité, avec ses files d’attente monstrueuses et sa limitation du nombre de passagers désormais étendue jusqu’au mois d’octobre. Extension qui montre qu’il ne s’agit pas d’un problème de pic d’activité temporaire mais bien d’un problème de fond sur l’attractivité des métiers aéroportuaires.
Francfort et Paris Charles-de-Gaulle sont également touchés par le phénomène, mais dans une moindre mesure.
Heathrow cumule capacité déjà aux limites et problèmes de personnel
Bien avant la pandémie, Heathrow a toujours été la plateforme européenne la plus tendue : manque de pistes, terminaux surchargés, slots qui sont très demandés et donc très chers.
Et bien évidemment, la pandémie n’a rien arrangé avec la fuite des personnels vers d’autres emplois, personnels qui ne reviendront pas dans l’aérien, ayant parfois été traités avec peu d’égards par leurs employeurs.
A l’instar de Schiphol, Heathrow a donc implémenté une limitation du nombre de passagers à 100 000 par jour pendant l’été, sans toutefois indiquer la manière de procéder pour écréter les passagers au-dessus de cette limite, estimés à 4000 par jour, dont 1500 déjà vendus.
Or, la demande d’Heathrow aux compagnies d’arrêter la vente pour ces sièges supplémentaires passe mal, très mal, au vu du prix des slots.
Emirates a été la première a réagir, en indiquant qu’elle ne changerait absolument rien à son programme (je vous conseille la lecture du communiqué de presse, un bonheur de piques à destination du management d’Heathrow). Les deux ont d’ailleurs depuis trouvé un accord.
Les autres compagnies n’ont pas réagi publiquement.
British Airways pieds et mains liée à Heathrow
Même si la compagnie britannique opère également depuis le très lointain Gatwick, Heathrow reste son hub naturel, opérant au terminal 5 et partiellement au terminal 3 de l’aéroport londonien.
Pour faire face au cap de passagers d’Heathrow et à ses propres problèmes de personnel, la compagnies a d’ores-et-déjà annulé plus de 10000 vols début juillet.
Mais devant ses propres problèmes opérationnels, British Airways a du prendre une décision terrible pour une compagnie mainline : suspendre partiellement la vente de ses vols moyen courrier jusqu’au au 15 août 2022, en pleine période d’été, propice aux tarifs élevés, et se privant de la clientèle de dernière minute qui est prête à payer cher pour partir vite.
Peut-on contourner le problème ?
Si vous voulez partir vite et avec British Airways, il n’y a pas de solution simple. Il est possible que les centres de réservation puissent trouver un billet, mais la disponibilité est mise à zéro sur le site, même pour un billet déjà émis que l’on souhaiterait modifier.
Pourtant, ExpertFlyer affiche de la disponibilité, preuve que les systèmes ont bien été bloqués.
Conclusion
Le voyage, cet été, sera difficile. Et la dernière minute, presqu’impossible. Courage à tous !





