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Panorama des compagnies aériennes en difficulté

Si la plupart des compagnies aériennes ont publié des chiffres rassurant au terme de l’année 2018, il y en a un certain nombre en plus ou moins grande difficulté.

Rien de neuf me direz-vous. Et bien si. La colonne « compagnies en détresse » est de plus en plus remplie par des compagnies low-cost à qui on prédisait il y a encore peu un avenir radieux. Mais on y trouve aussi quelques majors. Petit tour d’horizon par ordre alphabétique.

Alitalia : sous perfusion

C’est pour des raisons industrielles (skyteam, coentreprise avec Air France-KLM) une compagnie dont on suit les péripéties de près. Et cela devient fatiguant. Irréformable, lâchée par Etihad, elle cherche un repreneur depuis 2017 sans avoir retrouvé la rentabilité. Pressenties pour jouer le rôle de sauveteur EasyJet a jeté l’éponge et Delta se montre peu pressée.

Etihad : convalescente

L’autre feuilleton à succès du moment. Etihad perd de l’argent malgré des réductions de coûts importantes mais s’imagine toujours faire sa vie seule. Un mariage avec Emirates, solution la plus logique, est dédaigneusement balayé d’un revers de la main.

Jet Airways : en sursis

Ca commence à sentir le roussi chez Jet Airways. La compagnie indienne a été obligée de clouer deux fois des avions au sol la semaine dernière faute d’arriver à payer ses prêteurs et on craint un mouvement de grève des pilotes qui n’ont pas été payés depuis des mois. A date la dette est d’un milliard de dollars

Aujourd’hui  le partenaire « industriel » Etihad qui détient 24% du capital (il y a de la régularité dans le succès des investissements d’Etihad) a annoncé ne plus vouloir injecter d’argent, voire serait prêt à se retirer.

La dette vient juste d’être convertie en action cette semaine et un consortium mené par la State Bank of India vient de devenir actionnaire majoritaire. Jet Airways a trouvé de quoi survivre mais les problèmes de fond subsistent : il y a pire pour une compagnie que d’avoir des avions cloués au sol, c’est qu’ils lui fassent perdre de l’argent dès qu’ils volent.

Dernier détail : Jet Airways est un partenaire majeur d’Air France-KLM sur la desserte de l’Inde. Un partenariat assez stratégique pour que la compagnie Franco-Néerlandaise soit préoccupée par sa survie ?

Ca sent la veillée funèbre sur les bords du Gange.

Malaysia : à vendre ou à laisser

Jamais vraiment remise de la perte des vols MH17 et MH370, la compagnie s’est réformée, propose toujours un excellent service mais peine à redevenir rentable, notamment plombée par le long courrier. Le gouvernement malaisien réfléchit à l’avenir de la compagnie et n’exclut pas une vente ou une cessation d’activité. La rumeur d’un rachat par Qatar Airways est récemment apparue mais elle relève à mon avis davantage d’une exploration du champ des possibles que d’une option réellement étudiée du côté du Golfe.

Norwegian : tout n’est pas réglé

La séduisante, prometteuse (et aimée, ce qui est rare sur ce créneau) low-cost Norvégienne a fermé des bases, envisagé de revendre des appareils, fermé des routes non rentables, fermé des bases. L’avenir n’est pas totalement noir pour Norwegian mais pas  tout rose non plus : il va falloir faire face au niveau d’endettement élevé qui a permis une croissance à marche forcée. En attendant qu’un jour IAG revienne à de meilleures intentions ?

South African Airways  : en faillite sans le savoir

2 millards de dollars de dette, refus de présenter ses comptes 2017/2018…la compagnie Sud-Africaine est morte et elle seule ne s’en est pas rendue compte. Sous assistance respiratoire tant que l’Etat finance, c’est à dire plus pour longtemps.

 

On surveillera aussi celles qui sans être franchement malades ont quand même montré des signes de faiblesse pour qui considère que les résultats d’exploitation sont un thermomètre valable : Aeromexico, Air Asia X, et même Ryanair qui, chose exceptionnelle a perdu de l’argent au 3e trimestre 2018 et se montre inquiète quant à la santé du secteur en Europe

Et n’oublions pas celles qui nous ont récemment quitté.

Air Berlin : faillite

Quasiment aucun bénéfice en 8 ans d’existence et une dette de 1,2 milliards au moment de sa faillite en début d’année. Pour la petite histoire son actionnaire de l’époque, Etihad (oui encore…) qui détenait 29,2% du capital a été condamné à payer 2 milliards d’euros à l’administrateur de la compagnie pour promesse non tenue.

Flybmi : faillite

Elle s’est auto-proclamée « première victime du Brexit » en raison de l’impact sur le business des craintes liées à la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. La hausse du kérosène était également invoquée.  La compagnie opérait 17 avions et desservait 25 villes en Europe.

Elle a cessé toutes ses opérations du jour au lendemain en laissant 400 salariés sur le carreau.

Germania : faillite

C’est le prix du kérosène qui a eu raison de la low-cost allemande qui transportait 4 millions de passagers par an.

Inselair : faillite

Vous ne la connaissez sûrement pas mais la petite compagnie de Curacao (Royaume des Pays-Bas) a été déclarée en faillite fin février.

Primera Air : faillite

C’est en octobre que la low-cost danoise long courrier a déposé le bilan, ouvrant la voie à une série de mauvaises nouvelles sur les low-cost, notamment long courrier. Raisons invoquées : coût des traitements anti-corrosion des avions (!) et retards de livraison de la part d’Airbus.

Wow Air : faillite

Wow Air a vendu des avions pour rester à flot mais ça n’a pas suffi. Les discussions avec des fonds d’investissement ont échoué. Icelandair qui a envisagé de les racheter vient de jeter l’éponge.Wow Air a annoncé la fin de ses opérations quelques minutes après la publication originelle de ce billet.

On peut clairement dire que le pronostic vital est engagé.

Reste à savoir ce que cela nous raconte comme histoire…mais ce sera pour un prochain article.

[Billet Edité le 28 mars à 15h09 après l’annonce de Wow Air]

Photo : Wow Air De Vytautas Kielaitis via Shutterstock

Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a confondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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