Yakuza by Olivier, Paris : trop cher pour ce que c’est

Fan de cuisine fusion japonaise j’ai écouté les conseils d’un ami et la vox populi pour aller tester le récemment ouvert Yakuza by Olivier à Paris.

Le concept de Yakuza

Yakuza by Olivier est une chaine de restaurants fusion japonaise principalement présente au Portugal et depuis peu en France.

Le « by Oliver » désigne la griffe du chef Olivier Da Costa, un des chefs portugais les plus renommés qui propose donc une base de gastronomie japonaise matinée de marqueurs de gastronomie locale. Pour avoir jeté un rapide coup d’oeil aux cartes de ses différents restaurants, si la base est globalement la même, on trouvera des choses à base de sardine au Portugal et du foie gras en France.

Le cadre de Yakuza

A Paris Yakuza by Olivier se situe dans le 9e arrondissement dans le Maison Albar Hotels – Le Vendôme, un 5 étoiles.

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On accède au restaurant par un bar que j’ai traversé rapidement et dont j’ai sur le moment trouvé qu‘il manquait un peu de cachet. Trop éclairé, des gens avec leur ordinateur en train de faire une visio à l’heure de l’apéritif cela sonne faux dans un 5*.

Le restaurant en lui même est composé d’une salle équipée de confortables fauteuils et d’un bar donnant sur une cuisine ouverte.

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Style plus cosy et japonisant, pas grand chose à dire de ce côté.

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Globalement l’endroit est plutôt agréable, sans faute de goût.

La carte de Yakuza

La carte est riche mais pas forcément facile à comprendre à première vue.

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On m’expliquera en fait qu’à part deux plats (le steak wagyu et un poisson) tout le reste est fait de petites portions faites pour être dégustées et partagées. Pas de séquencement type du repas, on peut commander de tout à l’envie avec pour seule limite votre appétit…et votre porte monnaie.

Le repas et les plats

Je suis accueilli à la réception de l’hôtel, on vérifie mon passe sanitaire et on m’accompagne devant une porte. La réceptionniste sonne et me laisse devant la porte en me disant « votre expérience commence ici ».

A ce stade on s’attend à quelque chose de surprenant….et bien non. La porte s’ouvre et je pénètre dans le bar. On prend mon vestiaire et on traverse le bar pour m’installer dans le restaurant. J’aurai droit à un tabouret au bar.

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Je commande d’emblée une bouteille d’eau gazeuse et on m’apportera une Chateldon. Dans la cuisine ça commence à s’affairer.

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Le serveur m’aide donc à comprendre la logique de la carte et je commence par une première commande, je verrai ensuite si j’ai encore faim. Il me dit que mon choix est excellent…on parie qu’il dit la même chose à tout le monde ?

Pour les boissons il faut scanner un QR Code pour accéder à une carte en ligne mais comme on capte péniblement la 4G dans le restaurant on finit par me donner le code du wifi. Je prendrai un verre de saké qui tiendra tout le repas.

On commencera par les Goyzas sauce Ponzu.

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C’est bon, léger, pas gras du tout mais niveau goût j’hésiterai entre « fin » et « tellement fin que ça en est presque fade ». Bon concrètement ça manque un peu de saveur.

Vient ensuite le Nigiri saumon et truffe.

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La présentation est superbe. Pour un tel plat j’ai des scrupules de sacrifier la truffe sur l’hôtel du trio sauce soja/wasabi/gingembre.

Je commence sans gingembre histoire de respecter le produit puis avec la sauce et les assortiments histoire de comparer.

Le saumon est braisé. C’est bon mais cela lui enlève un peu de peps et de fumé. Moralité si c’est assez fin mangé seul, la sauce soja et le wasabi tuent le plat. Par ailleurs la truffe ne ressort pas tant que cela.

Le riz est délicieux, léger, presque aérien.

C’est beau, c’est bon mais je reste sur ma faim.

On enchaine sur le Gunkan avec du saumon, un œuf de caille et de la truffe noire.

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Superbe présentation. Là je retrouve les saveurs un peu absentes des plats précédents. C’est bon, léger, très fin.

Pour la suite ça sera le Gunkan de K.O.B : boeuf wagyu, foie gras, confit d’oignon et Teriaki.

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Toujours rien à redire sur la présentation : il y a un vrai effort de ce côté. Sinon rien à redire : c’est vraiment excellent. Globalement c’est un délice.

Puis le Gunkan Shiromi : poisson blanc, citron vert gingembre et confit d’oignon.

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Là encore c’est bon, frais, ça a du goût même si je trouve que la confiture d’oignon apporte peut être une touche de sucré trop prononcée.

Voilà pour ma commande initiale. A ce stade mon impression est mitigée. C’est beau, c’est bon mais il manque un truc. J’apprécie mais sans être vraiment emballé. J’ai le choix entre arrêter les frais ici où continuer. Je décide de donner sa chance au produit : je reprendrai un Gunkan K.O.B. ains qu’une patte de crabe.

La patte de crabe au miso et herbes aromatiques est une vraie surprise !

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Non seulement c’est « copieux » mais c’est un vrai délice. C’est chaud mais raffraichissant, ça a du peps. Je ne m’attendais pas à une telle présentation. Au moins je n’ai pas à regretté d’avoir continué.

Pour le dessert je prendrai le fondant au thé vert.

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C’est bon mais encore une fois je retrouve l’impression d’un plat qui ne « lâche » pas toute sa saveur.

Je terminerai avec un expresso.

L’ambiance

Musique électro trop forte, lumière sombre (mais pour une fois pas trop)…Yakuza est à mettre dans les endroits branchés où il faut être vu. On n’achète pas que la qualité des plats et des produits.

Le service

Serveur agréable et toujours prêt à conseiller et rendre service. Un peu obséquieux par moment : le « c’est un excellent choix je n’aurais pas fait mieux », à force, c’est ridicule.

Conclusion

Pas vraiment le style d’ambiance que j’affectionne et je sais que dans mes proches il y a finalement peu de personnes que je pourrai emmener diner ici, si tant est que l’envie me prenne. La cuisine est un pretexte on achète un cadre, une ambiance donc si on aime pas manger dans un bar de nuit et qu’on ne se concentre que sur la nourriture on devient vite sévère avec.

Alors parlons de la nouriture. La présentation ? Parfaite. La créativité ? Elle est au rendez-vous. Le goût ? Là c’est plus mitigé : si deux ou trois choses m’ont vraiment plu j’ai eu l’impression d’une cuisine qui retenait ses saveurs. Mon palais en attendait plus.

Alors une bonne expérience ? Globalement oui. Bonne, sans plus, mais bonne.

Ah…au fait l’addition était de 214 euros !

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D’un seul coup l’expérience n’est plus que moyennement bonne.

Cette année j’ai déjà dépensé plusieurs fois 300 euros pour un repas, notamment au Pressoir d’Argent Gordon Ramsay où je suis même retourné. A chaque fois je me suis dit que ça les valait et j’ai payé sans le moindre regret, bien au contraire. Là, sincèrement, la note a eu un peu de mal de passer d’autant plus qu’à la sortie j’avais encore faim.

Donc Yakuza est un excellent droit pour aller diner et inviter une personne surtout sensible à ce qui brille plus qu’aux plats et qui vous apprécie pour vôtre carte bancaire. Sinon il y a d’autres restaurants asiatiques à Paris qui sauront vous enchanter dans d’autres proportions avec un cadre moins m’as-tu-vu.

Avec la même promesse, VRA à Goteborg est un cran au dessus et moins cher.

Et pour finir est-ce que je retournerai au Yakuza ? Je vous avoue m’être posé la question en me disant qu’en me limitant à la patte de crabe et au steak wagyu…. mais non. Je pense qu’à ce niveau de prix je peux trouver beaucoup mieux.

Yakuza by Olivier

Cadre et ambiance
Intérêt de la carte
Présentation des plats
Qualité des plats
Quantité
Service
Rapport Expérience / Prix

Trop cher pour ce que c'est

C'est beau c'est bon mais pas à la hauteur de l'addition justifiée par une ambiance de bar de nuit et m'as-tu-vu

Bertrand Duperrin
Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a cofondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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