Le violon d’Ingres Paris : bon mais très perfectible pour un étoilé

Il est des restaurants dont on se dit que leur étoile ne tient qu’à un fil. Le Violon d’Ingres en fait partie.

Le temps passe vite : cela fait plusieurs années que nous n’avions pas diné ensemble avec Olivier. Profitant qu’il soit de passage a Paris nous décidons d’y remédier et nous arrivons à obtenir une table au Violon d’Ingres.

Pas vraiment une découverte car nous y avions déjà diné avec des amis il y a très longtemps et en gardions un bon souvenir. Mais vu qu’il n’y a pratiquement aucun étoilé ouvert le dimanche à Paris nous n’avons pas eu la possibilité d’aller découvrir une nouvelle table.

Le concept

On a affaire à un restaurant de cuisine assez traditionnelle sans grande surprise à la carte. Jusqu’à 2020 c’est le chef Christian Constant qui dirigeait l’endroit avant de le vendre et passer la main à Bertrand Bluy (ex Les Papilles).

Le cadre

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Là aussi très classique, mais assez surprenant pour un étoilé.

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En effet aucun effort particulier ne semble avoir été fait pour donner à la salle un semblant de personnalité. Il nous semble aussi que les tables étaient étonnamment proche pour un restaurant de cette catégorie mais on en reparlera justement plus tard.

Evidemment la faible taille de la salle est une contrainte mais on quand même un peu entassés.

Autre conséquence de cette exiguité : les toilettes. On est condamnés à attendre qu’elles se libèrent dans un espace qui tient davantage du cagibi et avec tellement peu de dégagements que lorsque quelqu’un ouvre la porte depuis la salle ceux qui attendent à l’intérieur risque de la prendre en pleine figure.

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C’est également là que se trouve visiblement le vestiaire, donc non surveillé.

La carte

Elle est courte, ce qui est généralement un bon signe.

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Il y a également un menu dégustation et c’est bien sûr ce dernier que nous choisirons.

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Le repas et le service

L’accueil est très convivial, on nous installe et les menus nous sont distribuées assez vite et la commande prise tout aussi vite.

Nous ne prendrons pas l’accord mets-vins et préférerons prendre deux ou trois verres de vin au fil du repas. Le serveur nous indique qu’il nous envoie le sommelier pour venir nous conseiller. En attendant une bouteille d’eau minérale fera l’affaire.

On nous apporte des gougères a l’emmenthal et des amandes. Pas mal mais mais les gougères auraient pu être chaudes.

Vient ensuite l’amuse bouche : crème de petits pois œufs de hareng mascarpone poutargue.

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Bon mais ça manque un peu de peps.

Foie gras poché au vin rouge et porto rouge, pain d’épice.

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Fin et léger en bouche. On perçoit bien le goût du vin. Le mariage avec la poire est réussi. Au final c’est bon mais pas de quoi s’emballer non plus.

Raviolis de langoustine citron combawa sur purée d’artichaut.

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Vraiment très bon, le goût du citron est très présent et donne une vraie fraicheur au plat.

Filet de rouget barbet à la plancha, risotto safrané croustillant, bouillabaisse.

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Le rouget est cuit à la perfection et le risotto trop sec.

Au fait…le sommelier n’est toujours pas venu. On attend… Vu que nous avions pris un bon apéritif avant de venir nous avions décidé d’être légers sur les vins donc ça n’est pas trop un problème (en dehors du fait que c’est une vrai erreur dans le service) et nous décidons de voir quand est-ce qu’ils se rendront compte qu’ils ont oublié quelque chose.

Depuis notre arrivée la salle s’est remplie et est vraiment bruyante, pire que dans une brasserie ! On entend distinctement les conversations de deux ou trois tables.

Noisette d’agneau, caviar  d’aubergine au cumin, purée de harissa, sarriette.

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Viande fondante, le reste amène une touche moyen orientale prononcée. On aime ou on aime pas. Ca me rappelle un peu la merguez d’agneau chez Gordon Ramsay.

Tome fermière de brebis, gelée au piment d’espelette 

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Excellent et très équilibré. Vraiment très bon.

Fraises en habit blanc, sorbet au basilic.

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Léger et frais. Bon sans être exceptionnel.

On s’entend à peine et on a du mal de se parler, cela devient pénible.

Crémeux mascarpone, café grillé, tuile cacao.

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Pas trop chocolaté, léger et frais.

On terminera avec un café qui sera accompagné de cannelés et de cheese cakes.

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Le cheese cake sera bon, le cannelé trop cuit.

L’addition arrivera accompagnée de délicieuses madeleines.

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Et comme vous pouvez le deviner, le sommelier n’est jamais venu.

L’ambiance

La salle est bruyante, très bruyante, trop bruyante. Et quand il y a du bruit tout le monde essaie de parler plus tard, ajoutez à cela quelques tables avec des clients américains connus pour leur absence de discrétion et vous avez le résultat final : très désagréable.

Pas assez discret pour un diner d’affaires, pas assez feutré pour un diner en amoureux…une table qui ne conviendra que pour les diners entre potes à condition de supporter le bruit.

Le service

L’accueil était très agréable et le service rapide, donc plutôt positif.

Après il est inconcevable dans un étoilé que le sommelier zappe une table et que personne ne s’en émeuve..

D’autre part nous avons été servis par pleins de personnes différentes à tel point qu’on ne savait plus qui s’occupait de nous.

Enfin un des serveurs avait la facheuse habitude de se coller au dos de la chaise d’Olivier pour nous parler ce qui est franchement désagréable. Ajoutez à cela un accent qui le rendait difficilement compréhensible avec le bruit…

On ira pas jusqu’à parler de mauvais service mais peut être de service un peu trop désinvolte.

Conclusion

Si j’avais fait ce repas pour une occasion spéciale je pense que j’aurais été déçu.

Les plats méritent une étoile. Limite mais mérité.

Par contre entre la salle, le bruit, le service, et l’exiguïté des toilettes on est à la limite et je ne suis pas certain que la qualité des plats suffisent longtemps à masquer toutes les insuffisances qui gravitent autour.

A certains montants d’addition et quand on se targue d’avoir une étoile au Michelin le droit à l’erreur n’existe pas et là certaines limites étaient franchies.

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Le violon d'Ingres

Cadre et ambiance
Intérêt de la carte
Présentation des plats
Qualité des plats
Quantité
Service
Rapport Expérience / Prix

Service décevant

Salle bruyante et service désinvolte gachent la qualité des plats.

Bertrand Duperrin
Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a cofondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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