L’air dans un avion est il propice aux virus et aux microbes ?

L’avion est un espace confiné par principe avec tout ce que cela engendre comme risques et inquiétudes par rapport à la propagation d’agents infectieux comme des virus ou des microbes.

C’est un sujet qui inquiète certaines personnes en temps normaux et qui devient une préoccupation générale alors que tout le monde a le COVID-19 en tête.

D’où vient l’air qu’on respire en avion ?

Les avions modernes évoluent à très haute altitude, à des niveaux où la pression est beaucoup plus faible qu’au sol et la tenue en oxygène de l’air largement inférieure. Dit autrement il nous est impossible de respirer à ces altitudes, d’où la présence de masques à oxygène qui se déclenchent en cas de dépressurisation de la cabine (mais c’est un autre sujet donc nous parlerons une autre fois).

La pressiurisation de la cabine, justement, permet de fournir aux passagers un air respirable qui est donc un facteur de confort mais avant tout de sécurité. Pour cela l’avion doit être parfaitement étanche pour résister à la différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur, à défaut de quoi une des conséquences possibles est l’explosion.

Qui dit étanche dit absence d’apport d’air extérieur, ce qui est inenvisageable sous peine de voir les occupants de l’appareil tomber d’asphyxie les uns après les autres.

Un mécanisme permet donc l’apport d’air extérieur afin de renouveler l’air qu’on respire à bord. Reste à voir s’il nous permet de respirer un air sain.

Comment un avion est-il alimenté en air ?

L’air est logiquement prélevé à l’extérieur. Mais à cette altitude, rappelons le, il est froid. Un avion de ligne moderne volant entre 9500 et 12 200m d’altitude, la température extérieure y oscille entre -44 et -64° (-50° à 10 000m qui est l’altitude “standard”). Irrespirable. En plus à cette altitude il est très peu dense en oxygène et ne fournit pas au corps humain et au cerveau l’oxygène dont il a besoin.

L’air est donc capté au niveau des moteurs (rassurez vous il ne traverse pas les moteurs et n’est donc jamais en contact avec le kérosène ou des gaz de combustion). Il y subit une montée en température forte (un moteur d’avion a une température de l’ordre de 800° en croisière) qui permet de détruire tous les microbes et micro organismes potentiels si tant est qu’ils aient survécu aux -50°.

Mais à ce moment l’air devient trop chaud et est toujours aussi peu pourvu en oxygène. Il est donc refroidi, humidifié et comprimé avant d’être envoyé dans la cabine.

Mais cela ne concerne que la moitié de l’air de la cabine a un moment donné ! L’autre moitié est de l’air intérieur recyclé. Donc s’il y a risque, peut être vient il de là.

Le recyclage de l’air en avion

L’air prélevé à l’extérieur de l’avion est donc mélangé avec une quantité égale d’air intérieur que l’on recycle. L’air que vous voyez sortir des buses d’aération est donc composé à 50% d’air neuf et 50% d’air recyclé.

L’air recyclé passe au travers de filtres appelés filtres HEPA pour filtre à air à haute efficacité (ou High-Efficiency Particulate Air). Ils permettent de filtrer en un passage, au moins 99,97 % des particules de diamètre supérieur ou égal à 0,3 µm (micromètres ou 10−6 ou « millionième de mètre).

Cela ne nous évoque rien à nous, simples passagers, mais il faut savoir que ce niveau de filtrage est utilisé dans quelques types de lieux seulement :

  • Salles d’opération et blocs opératoires
  • Poste de sécurité microbiologique
  • “Salle blanche” hébergeant des installations informatique ou microélectronique de pointe
  • Habitations de personnes vulnérables à la pollution de l’air.

L’EASA (l’Agence Européenne pour la Sécurité Aérienne a publié en 2017 deux études sur la qualité de l’air en avion demandées à des organismes indépendants qui vous éclaireront sur le sujet si vous vous désirez approfondir.

L’OMS elle même reconnait des risques de transmission très minimes en avion, en tout cas par l’air.

Donc si l’air extérieur et l’air recyclé sont exempts de tout soupçon on peut donc voler tranquillement ? Pas encore ! Il faut enfin s’assurer de la vitesse de renouvellement de l’air en cabine. C’est bien de filter mais si on le fait toutes les 3h les passagers ont le temps d’être contaminés par tous les miasmes présents en cabine.

Un air renouvelé toutes les 2 à 3 minutes

Dans les avions anciens comme un B747 l’air de la cabine est intégralement renouvelé toutes les 4 minutes, dans dans avions récents comme l’A350 l’air est renouvelé toutes les 2 à 3 minutes soit entre 20 et 30 fois par heure.

Donc pour dire les choses clairement vous risquez moins d’être contaminés par l’air que vous respirez dans un avion que si vous êtes chez vous (même avec les fenêtres ouvertes), dans un train, dans un bureau ou même dans un hôpital (à moins que vous ne soyez en salle d’opération).

Le seul reproche que l’on peut faire à l’air qu’on respire en avion c’est qu’il est sec, très sec, même si cela s’améliore très légèrement dans les nouvelles générations d’appareils.

Mais on peut quand même attraper des maladies en avion

Il ne faut pas pour autant verser dans l’angélisme. Comme dans tout moyen de transport grand public, le risque zéro n’existe pas. Les tablettes, toilettes et fauteuils peuvent être des nids à microbes dans les avions comme dans les trains ou tout moyen de transport. Mais là ce qui rentre en compte est plus l’attention que porte les compagnies au nettoyage que le moyen de transport en lui-même.

Regardez donc comment Emirates désinfecte ses cabines en réaction au COVID-19.

Et bien sûr, dans des situations extrêmes comme celle d’un virus comme le COVID-19, on peut se dire qu’une sécurité supplémentaire peut peut être rassurante et que si en plus de la manière dont est traitée l’air, on garde un minimum de distance entre les passagers. Si certains parlent d’un mètre pour les virus les plus communs, pour le SRAS une étude de 2003 les avait évalué à 6 pieds (1,80m) mais au sol, pas en avion. Un virus ne pouvant se propager par la ventilation, il n’y a toutefois qu’une trop grande proximité qui peut être dangereuse donc autant prendre ses précautions.

Image : virus en avion de EugeneEdge via Shutterstock

Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a confondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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