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La fidélité paie-t-elle mieux dans l’aérien ou l’hôtellerie ?

Le voyageur fréquent est friand de programmes de fidélité et des bénéfices qui vont avec. Mais la fidélité a ses contraintes et parfois on se demande si le jeu en vaut la chandelle. S’il faut un jour arbitrer entre son programme de fidélité aérien favori et son programme hôtelier, quel choix faire ?

L’acquisition de miles/points

La plupart des programmes de fidélité aériens sont d’une manière ou d’une autre revenue based (autrement dit vous cumulez en fonction de ce que vous dépensez), avec parfois des systèmes hybrides comme Flying Blue qui permet de gagner des miles que l’on échange contre des vols en fonction des dépenses et des points (ou XP) qui dépendent de la classe de voyage et de la distance parcourue qui permettent d’acquérir des statuts.

J’ajouterai la possibilité de gagner des points sur des compagnies partenaires (avec des règles plus ou moins complexes : certaines compagnies ne créditent pas sur leur programme de fidélité toutes les classes de voyage de leurs partenaires) ou même des partenaires non aériens (loueurs de voitures, hôtels).

Dans l’hôtellerie le système est quasiment le même sur la plupart des programmes (avec des exceptions comme Accor) : on gagne des points en fonction des dépenses et des statuts en fonction du nombre de nuits effectuées.

Les hôtels permettent aussi de gagner des points chez des partenaires non hôteliers mais il n’existe pas de notion d’alliance ou de partenaires comme dans l’aérien : le programme de fidélité se gère au niveau d’un groupe d’hôtels (Accor, Marriott, IHG, Hilton…) et est commun à toutes les marques du groupe (Novotel, Sofitel, Ibis etc chez Accor) alors que dans l’aérien le programme appartient en général à une compagnie (ou un groupe dans le cas d’Air France-KLM ou IAG avec Iberia, British Airways etc) même si on peut gagner des points en voyageant sur une compagnie partenaire qui a son propre programme.

Après en rentrant dans le détail on peut dire que tel programme est plus généraux qu’un autre mais à un niveau industriel c’est chou vert et vert chou même si je trouve que les règles des programme hôteliers sont en général plus simples et lisibles pour le commun des mortels.

Verdict match nul

L’acquisition de statuts

Dans l’aérien les règles sont multiples : en fonction de la distance volée (avec un coefficient multiplicateur en fonction de la classe de voyage), en fonction du type de vol (très long, long, moyen, court courrier) et de la classe de voyage… les compagnies aériennes se sont fait plaisir en créant des usines à gaz. Sand compter la possibilité là encore de gagner des points qualifiants chez les partenaires avec des règles tout aussi alambiquées. Par contre si les points ou miles gagnés chez des partenaires aériens comptent pour l’acquisition de statuts, ça n’est pas le cas chez les partenaires non aériens.

Dans l’hôtellerie c’est à quelques exceptions près beaucoup plus simple : on comptabilise le nombre de nuits et c’est tout.

Là je donne l’hôtellerie vainqueur en fonction de la simplicité des règles

Les seuils des statuts

Dans les deux cas chaque programme a ses règles et certains donnent des statuts plus rapidement ou généreusement que d’autres.

Il y a une notions propre à l’aérien qui est la notion d’alliance et de partenaires. Au sein d’une alliance la règle est la reconnaissance réciproque des statuts : un gold Flying Blue Air France sera donc reconnu chez Delta. Donc dans ce contexte on peut avoir intérêt à « créditer » ses points sur le programme généreux d’une compagnie avec qui on ne voyage quasiment jamais pour bénéficier d’un statut sur celles sur lesquelles on voyage.

Par exemple si le statut Star Alliance Gold vous fait rêver vous pouvez l’obtenir via le très prestigieux programme Miles&More de Lufthansa et son tout aussi prestigieux statut Ambassador…à conditions de voler beaucoup, loin et de préférence en business ou en first. Un statut guère facile à obtenir et qui vous demandera beaucoup de temps et d’argent. Mais il y a au sein de Star Alliance des compagnies qui ont des seuils beaucoup plus bas et qui vous donneront un Gold reconnu chez Lufthansa avec un  long courrier en first et quelques moyens courrier en business (on vous laisse chercher qui…). Bien sur ça n’est pas donné mais ça met le Gold Star Alliance (le plus haut statut reconnu au niveau de l’alliance) à un niveau budgétaire au moins 4 fois inférieur à un platinum Air France. A savoir.

Rien d’aussi tordu dans l’hôtellerie par contre.

Pour les statuts les plus élevés certains programmes, dans l’aérien comme dans l’hôtellerie vous demanderont un certain seuil de dépenses. Par exemple chez Marriott le statut Ambassador s’acquiert après 100 nuits et 20 000 dollars dépensés dans l’année, chez United le statut Premier 1K demandera 100 000 miles volés et 15 000 dollars dépensés. Quand on voit les seuils imposés en général on a systématiquement dépensé le montant demandé pour l’atteindre mais par exemple les clients américains qui font beaucoup de voyages d’affaire en hôtels « cheap » trouveront difficile d’atteindre le montant de dépenses requis.

Alors bien sur il y a des différences entre les programmes mais sans aller trop dans les détails il me semble qu’il est beaucoup plus simple d’atteindre un statut qui offre des bénéfices intéressants dans l’hôtellerie que dans l’aérien et ce pour trois raisons.

Tout d’abord des seuils de statuts à mon avis plus facile à atteindre pour avoir des bénéfices intéressants.

Ensuite le fait que pour beaucoup de monde il est plus simple et fréquent d’aller à  l’hôtel de que prendre l’avion. J’en connais même qui ont fait des nuits à Paris pour avoir les 3 nuits manquantes pour maintenir leur statut alors que programmer un Paris-Tokyo pour sauver son statut demande du temps pour faire le trajet….et l’argent pour se le payer.

Enfin, justement, le prix. On peut obtenir de « gros » status dans l’hôtellerie en passant l’essentiel de ses nuits dans les marques les moins chères du programme, peu importe, c’est le nombre de nuits qui comptent. 1 nuit a 100 euros dans un hôtel « budget » compte autant qu’une nuit à 800 dans un 5*. Dans l’aérien il ne faut pas se mentir : il est très difficile d’obtenir un statut « intéressant » sans faire beaucoup de long courrier en business. Un gold ou un platinum en faisait du moyen courrier en éco c’est désormais quasi impossible.

Verdict : Victoire hôtellerie.

La possibilité d' »acheter un statut »

On parle ici de la possibilité de sortir son portefeuille pour s’acheter un statut et les bénéfices qui vont avec sans avoir fait le nombre de nuits nécessaires.

Dans l’aérien n’y pensez pas. Tout au plus certaines compagnies vous proposent d’utiliser vos « miles primes » pour acheter des miles « statut ». Par exemple sur le programme Eurobonus de SAS on peut utiliser ses Eurobonus Points pour s’acheter les « basic points » nécessaires pour passer au niveau supérieur.

Par contre dans l’hôtellerie cela existe. Je vous avez expliqué comment devenir gold chez Accor pour 90 euros par an, je mentionnerai dans le même ordre d’idée le programme Intercontinental Ambassador qui non seulement vous donne des bénéfices solides chez Intercontinental mais vous confère également un Statut Platinum Elite dans le programme IHG Rewards pour $200 la 1ere année et $150 pour renouveler les années suivantes. Vu le prix de la carte et ce qu’elle rapport elle est amortie quasiment dès l’achat.

Avantage : hôtellerie.

L’utilisation des points/miles

Dans les deux secteurs on peut utiliser ses points/miles pour s’acheter des nuits chez les uns et des vols chez les autres.

Dans tous les cas on observe une tendance commune : la dévalorisation des points/miles dans le temps. Autrement dit les barèmes d’échange de points/miles contre des nuits/vols sont régulièrement mis à jour et jamais dans le sens de l’augmentation du pouvoir d’achat du client. Mais par pratique je trouve que les compagnies aériennes demandent vraiment beaucoup trop par rapport aux hôtels.

Et à cela j’ajoute la disponibilité : très souvent seul un nombre limité de sièges sont disponibles pour un achat en miles et à certaines conditions alors que c’est beaucoup plus souple dans l’hôtellerie.

Par contre une différence majeure existe lorsqu’on utilise ses points/miles pour s’offrir une prestation.

Si vous utilisez vols miles aériens pour vous offrir un billet, ce vol ne vous permettra de créditer ni miles primes ni miles qualifiants. Raison pour laquelle les compagnies sont bien ennuyées de voir les miles s’accumuler sur les comptes des clients, ce qui constitue une dette pour elles : tant qu’on est pas certain d’être requalifié on ne va pas prendre le risque de faire un vol où on ne crédite rien?

Par contre si vous utilisez vos points hôteliers pour vous offrir une nuit vous ne toucherez pas de points primes mais vous aurez les points qualifiants qui vont avec.

Et ça c’est une différence majeure.

Avantage : hôtellerie.

Les bénéfices

Avoir une jolie carte gold ou platinum c’est bien, mais ce qui compte c’est les bénéfices qui vont avec mais pas seulement.

Dans l’aérien ils sont de plusieurs ordres : enregistrement prioritaire, comptoirs dédiés, files prioritaires, embarquement prioritaire, accès à des salons franchise bagage généreuse, possibilité de choisir gratuitement les meilleures places qu’on facture aux autres… Notez bien que contrairement aux idées reçues le surclassement ne fait pas partie des bénéfices des programmes de fidélité aériens ! Le statut est un critère pris en compte pour déterminer l’ordre de priorité des passagers si un surclassement doit être opéré mais en aucun droit un droit.

Dans l’hôtellerie on trouve : enregistrement avancé et départ tardif, petit déjeuner et wifi offerts, accès gratuit aux spas, accès aux lounges quand il y en a, boisson de bienvenue, réductions dans les restaurants des hôtels et, là, surclassement. Non seulement le surclassement fait partie des bénéfices mais il correspond à des règles connues : par exemple chez Marriott en tant que membre Elite Titanium même si j’ai réservé (et payé) une chambre standard, on me donne la meilleure chambre disponible au moment de mon check-in et, parfois donc, une suite (oui vous voyez souvent des hôtels reports en suite sur Travelguys…..on en a jamais payé une ça n’est que du surclassement). Toujours chez Marriott à partir d’un certain nombre de nuits on a des « Suite Night Awards » qui permettent de « sécuriser » un surclassement à l’avance pour un certain nombre de nuits dans l’année.

Que ce soit dans l’hôtellerie ou l’aérien le surclassement est souvent quelque chose de très valorisé par le client. Mais alors que le hôtels se servent du surclassement pour récompenser leurs clients les plus fidèles, le secteur de l’aérien ne s’en sert que pour libérer de la place en éco et vendre davantage de billets quand les classes avant sont vides. Si je devais faire le compte du nombre de surclassement obtenus en avion ces 15 dernières années mes dix doigts suffiraient alors qu’en hôtel j’ai cessé de compter.

Il y a bien quelques compagnies qui décernent à certains de leurs clients les plus fidèles des « coupons de surclassement » mais tellement peu et cela s’adresse à tellement peu de monde que j’ai failli ne pas le mentionner.

J’ajoute à cela que la plupart des bénéfices des « bons » statuts dans l’aérien sont les avantages « normaux » qui vont avec un billet business : le statut c’est vraiment important quand on voyage en éco. Quand on est dans les classes avant il ne sert pas à grand chose. Alors que quand l’hôtellerie les statuts donnent accès à des choses très sympas : les lounges bien sur mais surtout les départs tardifs. Pouvoir garder ma chambre jusqu’à 16h quand j’ai un vol tardif est vraiment quelque chose que j’apprécie beaucoup.

Avantage : hôtellerie.

And the winner is….l’hôtellerie.

Un rapide benchmark qui permet de rendre tangible quelque chose dont j’avais l’intuition depuis un certain temps : les programmes de fidélité hôteliers sont à mon sens plus accessibles, simples, compréhensibles que les programmes de fidélité aériens avec, de plus, des seuils plus facilement atteignables et  des bénéfices plus intéressants.

Mais quoi qu’il en soit ces programmes portent mal leur nom : ils récompensent moins la fidélité (le fait de choisir principalement une marque peu importe le volume consommé) que le revenu généré. Et c’est logique.

Photo : fidélité De Andrey_Popov via Shutterstock

Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a confondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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