La fin du masque en avion : entre levée des restrictions et compagnies qui boycottent la loi

On finissait par croire que cela n’arriverait jamais et certains prédisaient même que l’obligation de porter un masque en avion était faire pour durer, et pourtant ! Certaines compagnies aériennes ont décidé de cesser d’imposer le port du masque à leurs passagers. Un mouvement qui va s’amplifier ?

British Airways dit non au masque…puis rétropédale. Jet2 persiste

Il a deux jours de cela British Airways a annoncé la fin du port du masque obligatoire sur certains de ses vols, provoquant un engouement certain sur la toile.

Malheureusement pour les passagers la compagnie a opéré une volte face de dernière minute. Un membre de la compagnie rapportait en effet sur le célèbre forum FlyerTalk :

« We’ve been told an issue which they can’t disclose has arisen so masks will remain mandatory on all flights until further notice« 

(On nous a dit qu’un problème, qu’ils ne peuvent pas divulguer, s’est produit et que les masques resteront obligatoires sur tous les vols jusqu’à nouvel ordre.)

On imagine que si la levée de cette obligation est possible, sa mise en œuvre nécessite quelques adaptations opérationnelles qui ne font que décaler ce qui semble désormais être inéluctable.

Alors que toutes les restrictions ont été levées au Royaume-Uni depuis la fin de la semaine dernière et que l’aéroport d’Heathrow annonçait que le port du masque serait désormais optionnel, British Airways lui a rapidement emboité le pas en annonçant par la voix de son directeur des opérations que :

« Nous travaillons sur ces questions et, à partir du mercredi 16 mars, les clients ne seront tenus de porter un masque à bord de nos vols que si la destination vers laquelle ils se rendent l’exige. »

Son homologue de Virgin Atlantic lui a aussitôt emboité le pas.

« Alors que nous apprenons à vivre avec le Covid et que l’obligation légale de porter un masque facial a été supprimée en Angleterre, nous pensons que nos clients devraient avoir le choix personnel de porter ou non un masque à bord, sur les lignes où les réglementations internationales relatives au port du masque ne s’appliquent pas. »

« Cette politique sera introduite progressivement, en commençant par nos services Caraïbes au départ des aéroports d’Heathrow et de Manchester, et nous encourageons tout le monde à respecter les préférences des autres passagers en matière de masque. »

Mais si l’annonce de British Airways a été largement remarquée et relayée, il ne s’agit pas de la première compagnie a avoir tombé le masque au Royaume-Uni puisque Jet2, une low cost britannique, avait déjà annoncé une décision similaire dès le 1er mars.

On peut imaginer que vu l’importance de son réseau British Airways a dû être confrontée à la nécessité d’opérer davantage d’ajustements dans ses procédures que sa consoeur mais il ne fait plus aucun doute qu’à l’avenir nombreuses sont les compagnies qui suivront le mouvement.

Reste à savoir à quelle vitesse car toutes les compagnies n’ont pas les mains aussi libres que la compagnie britannique.

Qui peut supprimer l’obligation de porter un masque en avion ?

En fait tout dépend de savoir d’où provient l’obligation de porter le masque car sa levée en découle mécaniquement.

Il existe de rares cas où l’obligation de porter un masque ne relevait que de la compagnie aérienne. Cela a été le cas au début du COVID pour la plupart des compagnies qui ont pris cette mesure de précaution d’elles-mêmes avant que les états ne les imposent.

D’ailleurs cela a longtemps été un vrai problème aux Etats-Unis. L’obligation venait des compagnies qui avaient le plus grand mal à la faire respecter à tel point qu’elles ont demandé à l’état d’imposer cette obligation afin d’avoir une base légale pour agir contre les passagers récalcitrants. Et encore…Afin de comprendre à quel point les passagers rejettent le masque

Il y a plus d’un an on vous annonçait également que Cathay Pacific rendait le masque facultatif en business et en first, estimant que la distanciation sociale y était suffisante. Cela semblerait indiquer que le port du masque n’était donc pas imposé légalement.

De la même manière à l’automne dernier SAS a annoncé la fin de l’obligation de porter un masque sur les vols entre pays Scandinaves, chose rendue possible par le fait que le masque n’a jamais été obligatoire là bas et qu’elle a pris cette décision quand elle a estimé le risque assez faible. Par contre elle n’était valable que pour les pays concernés et c’est un excellent exemple pour comprendre comment les choses se passent.

En fait deux critères sont à prendre en compte ici : la législation du pays de la compagnie et celle du pays de destination.

Si un pays décide de lever le port du masque dans les transports, les vols intérieurs s’y feront sans masque si la compagnie le décide (une compagnie peut en effet imposer le masque en dehors de toute obligation légale). Partant de là British Airways ou SAS peuvent opérer des vols intérieurs sans masque si cela leur plait.

Vient ensuite la législation du pays de destination : si le pays de destination impose un masque alors elles seront obligées de s’y conformer. Par exemple dans le cas de British Airways on peut penser que ses vols vers la France auraient été masqués et ses vols entre la France et le Royaume-Uni auraient été « démasqués ».

On peut également penser qu’un vol entre Londres et Stockholm pusse, lui, se faire sans masque.

Donc dans la plupart des cas les compagnies devront attendre que leur réglementations nationale évolue pour avoir la liberté de décider de supprimer l’obligation du masque ou non.

A moins de désobéir.

KLM choisit de boycotter la loi

C’est la voie qu’à choisi KLM à la surprise générale. Elle a en effet déclaré :

« L’industrie considère que cette approche est inappropriée, compte tenu du stade de la pandémie. De plus, elle est en contradiction avec les développements européens et internationaux que nous suivons de près. Étant donné que le caractère explicable et proportionnel continue de diminuer, nous constatons une augmentation de l’incompréhension parmi nos passagers et un nombre croissant d’incidents plus graves avec des passagers « indisciplinés », ce qui peut nuire à la sécurité d’un vol. »

Ainsi que

« Nous trouvons décevant que l’utilisation de masques faciaux lors de l’embarquement et pendant tout le vol soit encore envisagée par le gouvernement néerlandais, alors que cette mesure a été abandonnée partout aux Pays-Bas« 

En conséquence de quoi KLM a décidé de ne plus faire respecter l’obligation de porter le masque à compter du 23 mars. Elle a été rejointe sur ce point par trois autres compagnies néerlandaises : sa filiale Transavia, TUI Pays-Bas et Corendon.

Et TUI d’enfoncer le clou :

« Un voyage sûr pour nos passagers et notre personnel est notre plus grande priorité. Nous demandons instamment au cabinet de faire de l’obligation de porter un masque facial une recommandation. Nous ne voulons plus contrôler le respect de l’obligation de porter un masque facial à bord. »

A toutes fins utiles nous rappelons que, alors que le masque n’est plus indispensable dans les lieux clos en France, un avion est beaucoup plus sûr d’un point de vue sanitaire que n’importe quel magasin, bar ou restaurant, n’en déplaise au PDG de la SNCF qui affirmait qu’il était impossible pour un avion de puiser de l’air à l’extérieur sans qu’on sache trop si c’était de la désinformation délibérée ou juste de l’incompétence.

On peut s’attendre à ce que légalement ou non, de plus en plus de compagnies aériennes disent adieu au masque dans les mois voire les semaines qui viennent.

Conclusion

Au fur et à mesure que les restrictions tombent, les compagnies aériennes veulent supprimer l’obligation de port de masque. Mais de manière encore plus surprenantes, certaines ont même décidé d’accélérer les choses en boycottant la loi.

Et vous, qu’est ce que cela vous inspire ?

Image : passager avec masque en avion de H_Ko via Shutterstock

Bertrand Duperrin
Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a cofondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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