Télétravailleurs et vacances vaccinales : un nouveau créneau pour le tourisme ?

Le COVID a porté un coup dur à l’industrie du tourisme qui a dû chercher à se réinventer. Parfois pour sauver les meubles, parfois pour réinventer des modèles plus surprenants et durables.

Si l’aérien a été durement impacté par les restrictions apportées aux déplacement et n’avait guère de marge de manœuvre en dehors du développement de l’activité cargo et de l’organisation de vols vers nulle part pour amuser la galerie et garder le lien avec ses communautés de fans, l’hôtellerie a eu un peu plus de marge. Il a ainsi pu essayer d’attirer une clientèle en manque d’espaces de télétravail.

Réinventer la destination pour sauver les acteurs du tourisme

Mais les bonnes idées des industriels du secteur ne suffiront qu’à cacher la misère et à un moment c’est une impulsion à un niveau supérieur qui va être nécessaire pour sauver le secteur. Une impulsion qui ne peut venir que de la destination pour ne pas dire des pouvoirs publics.

En effet tant qu’on n’est pas sur le chemin d’un retour à la (presque normale) certains essaient de réinventer les raisons de fréquenter une destination pour sauver les acteurs locaux et l’économie du pays. Parfois de manière très opportuniste et court termiste mais également parfois pour se positionner sur des tendances à plus long terme.

Dans la série opportuniste, y-a-t’il aujourd’hui de meilleure raison de voyager que pour aller se faire vacciner lorsque ça n’est pas possible ou facile chez soi ?

Le tourisme vaccinal a le vent en poupe

Aux Etats-Unis certains de plus en plus de personnes n’arrivant pas à se faire vacciner dans leur Etat ont ainsi décidé d’aller chercher la vaccination là où elle est ainsi possible. Ainsi les états les mieux dotés en vaccin ou ceux où la vaccination est le mieux organisée attirent les résidants des autres états. Selon Bloomberg ce sont ainsi à ce jour près de 40 000 personnes qui par exemple ont été faire un peu de tourisme “vaccinal” en Floride. Par contre les restrictions étant ce qu’elles sont il n’est pas encore possible à un étranger d’aller se faire vacciner dans un des états américains où la vaccination est la plus facile d’accès.

Lorsqu’on voit ce que des individus font spontanément il n’y a pas loin à essayer de l’organiser pour en faire une activité en tant que telle.

Selon “The Telegraph” des tour operator proposeraient ainsi aux anglais les plus fortunés d’aller se faire vacciner à Dubai ou Abu Dhabi, émirats relativement facile d’accès. Le package inclut le voyage en première classe, le vaccin et le logement en résidence de luxe entre l’administration des deux doses pour la modique somme de 70 000 dollars.

Des offres similaires commencent à voir le jour pour des bourses plus modestes à destination des deux villes émirati mais également de l’Inde même si dans ce dernier cas on a du mal de savoir si packages ainsi proposés aux occidentaux ne sentent pas bon l’arnaque.

Quoi qu’il en soit si le tourisme vaccinal est éthiquement condamné et parfois même illégal il n’en reste pas moins que c’est un business qui commence à se mettre en place et à sortir du bois. Pour les happy fews au départ mais qui sait ce que l’avenir réserve.

Mais une chose est sûre : Dubai a déjà vacciné près de 40% de ses 10M d’habitants et le moment où le pays aura des capacités de vaccination largement disponibles pour des étrangers n’est pas loin. Et quand on sait qu’en tant que hub de correspondance international et destination touristique plus il y aura de gens vaccinés plus son activité redecollera vite il n’y a pas loin à imaginer que l’émirat n’hésitera pas à jouer son rôle dans la vaccination mondiale voire à s’en servir d’un argument pour remplir hôtels et avions.

Plus exotique et sans y toucher ça n’est pas autre chose que propose Cuba…

Il y fait beau, c’est sympa et en plus “on offre aux touristes la possibilité de se faire vacciner”.

Plus éthique et peut être plus durable est le business du voyage pour télétravail.

Ces pays qui veulent attirer les télétravailleurs

La pandémie a poussé des millions de personnes à expérimenter de gré ou de force le télétravail et si, comme nous l’avons vu, les hôtels cherchent à surfer sur cette vague, des pays ont décidé de jouer la même carte mais à leur niveau.

Un domaine où l’on retrouve encore une fois Dubai qui offre un permis de travail d’un an pour les personnes désireuses de venir télétravailler au bord des eaux du Golfe Persique.

La proposition est aussi simple que “voulez vous mélanger business et plaisir à Dubai ? Avec notre programme d’un an de travail virtuel vous pouvez vivre et travailler au bord de la plage“.

Car télétravailler ne veut pas dire travailler de chez soi mais d’où on veut…et d’ailleurs cela incite de plus en plus de personnes à déménager leur chez eux.

Quelles conditions pour en bénéficier ?

  • Un passeport avec 6 mois de validité.
  • Un contrat de travail et un salaire d’au moins $5000 par mois

On peut même rentrer à Dubai avec un visa touristique et ensuite demander le permis de “télétravail” une fois sur place.

Il en coutera $287 de frais ainsi qu’une assurance médicale valide aux Emirats. Les personnes acceptées ont alors accès à tous les droits des résidents notamment la scolarisation, les services publics…et la vaccination.

La cible de l’Emirat est claire : il ne s’agit pas d’attirer “Ginette de la compta” mais des cadres au pouvoir d’achat confortable qui peuvent facilement travailler de partout et viendront dépenser l’intégralité de leur pouvoir d’achat sur place. On rappelle que l’impôt sur le revenu n’existe pas à Dubai.

En tout cas Dubai met le paquet sur le sujet à grand renfort de campagnes vidéo et média.

Et cela fonctionne.

Télétravailler depuis Dubai, le Costa Rica, la Croatie…

Mais Dubai n’est pas la seule à vouloir se positionner sur ce créneau très lucratif pour redynamiser son économie.

Le Costa Rica vient en effet d’annoncer vouloir attirer les télétravailleurs nord américains qui ne supportent plus la rigueur des hivers à New-York et Toronto ou qui n’en peuvent plus des loyers de la Silicon Valley.

Idem dans des proportions plus modestes pour l’île de Madeire au Portugal qui va proposer des espaces de co-working à une centaine de remote workers.

Quant à la Croatie elle vient de lancer un permis de travail similaire à ce que propose à Dubai avec une exemption d’impots et l’interdiction logique de proposer ses services à des entreprises locales.

Le télétravailleur, le futur du voyage d’affaires ?

On nous prédit la fin ou une réduction drastique des voyages d’affaires. On attend de voir : comme quelqu’un me le disait dernièrement, une fois que tout le monde aura la tête froide, les positions les plus extrêmes tomberont une fois qu’une entreprise aura perdu un marché au profit d’un concurrent qui se sera déplacé en personne.

Pour autant il est évident qu’il faudra attendre avant que le voyage d’affaires ne revienne aux niveaux qu’on a connu. Mais si voyage d’affaires changeait de nature ?

Avec la capacité qu’on a de travailler de n’importe où qui correspond à une aspiration d’une partie (pas toute…) de la population et si les nouveaux “business travelers” étaient des salariés “normaux” simplement désireux de changer leur lieu de travail régulièrement? Des voyages peut être moins fréquents mais plus longs et plus lointains.

C’est une des tendances pour 2025 qu’avait identifié le très sérieux magazine Skift. Je l’avais pris avec des pincettes mais à bien y réfléchir je vais peut être réviser mon jugement.

Image : Dubai de Ashraf Jandali via Shutterstock

Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a confondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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