Au revoir Alitalia. Bonjour ITA !

Sur Travelguys nous vous avons raconté depuis près de deux ans les péripéties d’Alitalia avec de actionnaires qui jettent l’éponge, le bal incessant des repreneurs qui finissent par ne rien reprendre et à la fin le COVID qui signe la fin du bal avec une renationalisation de la compagnie qui aurait de toute manière fini par avoir lieu.

Une compagnie programmée pour échouer

Une conclusion s’impose : sous sa forme et son organisation actuelle, Alitalia ne s’en sortira jamais. On peut changer la gouvernance, l’actionnaire, rien n’y fera. Cette compagnie est programmée pour échouer. C’est la conclusion à laquelle est arrivé l’Etat Italien pour décider de repartir de zéro et créer ce qu’ils appellent la “nouvelle Alitalia”.

Son nom sera visiblement ITA (Italia Transporto Aereo) et elle verra le jour dans les jours qui viennent sous réserve que la cour des comptes italienne donne son approbation au montage financier.

D’où vient ITA, la “nouvelle Alitalia” ?

C’est une compagnie publique appartenant à 100% à l’Etat, dotée de 20 mds d’euros d’actifs et d’un budget de 3 mds d’euros, provenant exclusivement du ministère de l’économie et des finances italien.

C’est pour cela qu’il faut encore attendre l’aval de la cour des comptes avant que l’opération se finalise.

Les actifs (avions et probablement slots) seront transférés de l’Alitalia actuelle qui gardera son nom mais ne sera plus qu’une coquille vide destinée à disparaitre.

Avec quelle flotte opérera ITA ?

Le nouveau business plan est assez ambitieux avec une flotte de 90 appareils et 6500 employés.

Sur ce point la compagnie italienne réalise le rêve de nombre légacies : enlever le gras pour ne garder que muscle et se débarrasser de l’embonpoint que toutes les anciennes compagnies ont accumulé au fil des années et dont il est si difficile de se débarrasser sans provoquer un drame social et s’attirer les remontrances d’un Etat qui n’est jamais trop loin et aime que sa compagnie nationale soit socialement exemplaire.

L’ironie de l’histoire c’est qu’ici c’est l’Etat qui fait le ménage qu’il interdisait à demi-mots à l’ancienne direction et aux potentiels repreneurs de procéder.

Pour information, avant la crise, Alitalia possédait 111 appareils pour 11 000 salariés (99 employés par avion), Air France 270 pour 44 0000 (162 salariés par appareil), Lufthansa Group 277 appareils pour 130 000 salariés (469 !!) et British Airways 280 appareils pour 39 000 salariés (139).

A titre de comparaison une low cost comme easyJet opère 339 appareils avec 12 000 salariés ( 35 salariés par appareil).

Avec un ratio de 72 salarié par appareil, ITA, la nouvelle Alitalia fait donc un score très honorable et se donne les moyens d’être compétitive niveau coûts.

Les appareils seront transférés de l’ancienne Alitalia et avec une priorité, on l’imagine, pour les appareils long courrier.

Quel positionnement pour ITA ?

Avec un ratio de 72 employés par appareil on peut craindre que ITA se dirige vers un modèle low cost mais il n’en est rien : on nous promet une compagnie “full service”/

Où va voler ITA ?

En matière de long courrier ITA va privilégier avant tout les Etats-Unis, logique quand ont sait que c’est les routes transatlantiques sont aujourd’hui les plus compétitives et rentables. Mais le seront elles dans le monde de demain ? La reprise du trafic risquant de se passer par zones géographiques c’est un pari.

La compagnie n’exclut d’ailleurs pas de regarder vers l’Asie, partie du globe où elle n’a jamais brillé par sa présence. Ceci explique peut être cela.

Pour ce qui est du court-moyen courrier on imagine la compagnie se concentrer sur ses destinations les plus rentables et on imagine que son impressionnant réseau domestiques sera le premier à en faire les frais.

Dans quelle alliance ira ITA ?

La sortie d’Alitalia de Skyteam était sinon actée en tout cas quasi officielle depuis longtemps il semble improbable que ITA rejoigne l’alliance, s’agissant d’une compagnie nouvelle qui n’hérite pas des alliances de son aïeule.

Pour autant la nouvelle direction admet qu’une compagnie, surtout de cette taille, ne peut vivre seule. Mais plutôt qu’une logique d’alliance on semble s’acheminer vers des partenariats ciblés au coup par coup.

Quelles chances de réussite pour ITA ?

Si on devait résumer ce qu’on pense de l’ancienne Alitalia ce serait : une compagnie mal organisée, bordelique, ingérable mais proposant un bon service voire très bon en long courrier dans les classe avant.

Si la nouvelle compagnie, allégée, est sainement gérée sans perdre des qualités qu’on lui reconnaissait, elle attaquerait la reprise avec des comptes propres, sans dette, sans surefectif et pourrait devenir la “bonne” surprise de l’année 2021.

Avec des si….

Des nuages à l’horizon

En temps normal les différents tour de passe passe qui ont permis de maintenir Alitalia à flot puis de créer ITA en faisant fi des dettes et engagement passés n’auraient jamais été acceptés par l’Union Européenne, qui regardait d’ailleurs le dossier Alitalia de près.

Mais le COVID change la donne. On ne voit pas l’Europe empêcher une telle opération qui finalement sauve une compagnie et des emplois, quitte à fermer les yeux pendant quelques temps sur la législation européenne.

Photo : B777 Alitalia de  Matheus Obst via Shuttertock

Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a confondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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