Nouvelles règles pour le contrôle aux frontières en Europe et au Royaume-Uni : où en est on ?

Si vous le ne saviez pas de nouvelles règles d’entrée sur les territoires de l’Union Européenne et du Royaume-Uni doivent rentrer en vigueur prochainement, rendant obligatoires l’obtention d’autorisations préalables pour les ressortissants des pays tiers.

Voilà pour la théorie, dans la pratique les deux projets connaissent des fortunes diverses.

Une autorisation n’est pas un visa !

Avant d’aller plus loin il y a un terme qu’il faut clarifier : celui d’autorisation électronique de voyage, plus connue sous l’acronyme ETA (Electronic Travel Authorization).

C’est une formalité mise en place dans de nombreux pays qui permet de simplifier les contrôles d’immigration à l’arrivée, de réduire le nombre de refus d’entrée sur un territoire (et les coûts associés).

Le principe est simple : un individu demande une autorisation en ligne en fournissant un certain nombre d’informations et sur cette base une autorisation d’une durée définie lui est accordée. Cela ne signifie pas à 100% qu’une fois arrivé il ne sera pas refoulé pour une quelconque raison mais le risque que cela arrive est drastiquement réduit.

Le meilleur exemple d’ETA est rendu obligatoire aux Etats-Unis depuis 2009. En résumé elle remplace la carte verte qu’on avait l’habitude de remplir en arrivant, elle est valide 2 ans et…coûte $21. Son caractère préalable permet, si le profil du voyageur est à risque, d’investiguer avant son voyage mais on reparlera de ces process une autre fois.

Mais contrairement à une idée reçue dans le grand public une ETA n’est pas un Visa. Ca n’est pas une formalité nouvelle et supplémentaire (elle est juste faite en ligne avant de partir au lieu d’être faite sur papier en arrivant) et d’ailleurs selon le pays ou les motifs du voyage elle s’ajoute au visa lorsque ce dernier est nécessaire.

Si je reprend l’exemple des USA les européens pouvaient bénéficier d’une exemption de visas mais devaient remplir la fameuse carte verte, désormais c’est fait en ligne et l’exemption de visa demeure, ce sont deux choses différentes.

Une autorisation de voyager au Royaume-Uni

Une ETA va être mise en place au Royaume-Uni dans une logique de digitalisation complète de ses frontières. Elle est sensée être opérationnelle fin 2023.

Elle concernera toute personne jusqu’ici capable de voyager au Royaume-Uni sans visa (durée du séjour de 180 jours à 6 mois) ou titulaires d’un visa (validité 2 ans).

Les informations collectées seront le nom, le numéro de passeport, l’adresse email et une carte de crédit (même si la formalité est gratuite) et des informations relatives au voyage.

Beaucoup de choses restent à préciser mais alors que l’ETA américaine est valable deux ans, pour le Royaume-Uni il faudra faire une nouvelle demande à chaque voyage.

Quoi qu’il en soit les signaux sont au vert et il semble que le dispositif sera bien fonctionnel au moment prévu.

Entrée/Sortie dans l’Union Européenne (EES): les retards s’accumulent

L’Europe a quant à elle annoncée l’EES (Entry/Exit System) dans une logique, elle aussi, de digitalisation des opérations aux frontières et de meilleur contrôle des entrées.

Le dispositif est en fait double.

Il y a d’une part l’ETA Européenne (ETIAS pour European Travel Information and Authorisation System) qui fonctionne sur le même principe que l’ETA américaine mais avec une validité de 3 ans vous permettant des séjours d’une durée maximale de 90 jours par période de 180 jours durant laquelle vous pouvez entrer et sortir à votre guise (conditions différentes pour les détenteurs de visas bien sûr).

D’autre par il y l’EES qui est un process de collecte et traitement de données dématérisalisé aux frontières, supprimant par exemple la nécessité de tamponner les passeports.

Les deux dispositifs vont en théorie de pair et devraient rentrer en vigueur en…2022. Devant la difficulté de mise en œuvre du projet il a été repoussé à mai 2023 puis récemment à fin 2023 ! Ce qui laisse à penser que de nouveaux reports ne sont pas à exclure.

Pourquoi ces retards ?

Des autorités nationales qui trainent des pieds dans la mise en place du système, le manque d’agents convenablement formés, des aéroports et compagnies qui manquent de ressources pour mettre en place les nouvelles procédures et une absence de vraie communication sur le sujet à l’égard des passagers des Etats tiers.

Quand on voit la difficulté des Etats à s’entendre sur de tels sujets et le manque systématique de ressources dans le secteur, fin 2023 reste une date très optimiste.

Conclusion

Royaume-Uni et Union Européenne digitalisent les processus aux frontières et vont demander une autorisation préalable de voyage. Mais si dans le cas du Royaume-Uni l’agenda semble respecté, l’UE accumule les retards et rien ne dit que la nouvelle deadline (fin 2023) sera respectée.

Image : contrôle aux frontières de EQRoy via Shutterstock.

Bertrand Duperrin
Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a cofondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
1,324FansJ'aime
930SuiveursSuivre
9SuiveursSuivre
1,272SuiveursSuivre
351AbonnésS'abonner

Articles populaires

Articles récents