Pourquoi diminue-t-on les lumières lors du décollage et de l’atterrissage la nuit ?

Au nombre des questions fréquentes de nos lecteurs sur les routines du vol, celle de savoir pourquoi on diminue l’intensité lumineuse de la cabine lors du décollage et de l’atterrissage arrive en bonne place, après celle qui concerne l’obligation de relever les cache-hublots !

On n’éteint pas les lumières pour être moins visibles

Commençons par tordre le cou à trois légendes urbaines qu’on entend encore souvent.

Non, on ne diminue pas l’intensité lumineuse de la cabine pour que l’avion ne soit pas visible de l’extérieur, évitant ainsi d’en faire une cible facile pour des personnes mal intentionnées. De toute manière ses feux de positions restent allumés.

On n’éteint pas non plus les lumières pour ne pas déranger les riverains de l’aéroport ! On croit volontiers que le bruit des moteurs peut parfois causer une certaine gène mais ça n’est pas les lumières de la cabine qui va illuminer le logement des voisins et les empêcher de dormir.

Il se dit également que c’est pour donner plus de puissance aux moteurs en cas de besoin de remise de gaz à l’atterrissage ou pour donner leur pleine puissance au décollage. Cela a été vrai à une époque et permet toujours de conserver une petite réserve de puissance mais ça n’est pas la vraie raison.

On diminue les lumières pour des raisons de sécurité

Il faut savoir que la plupart des accidents se passent au décollage ou à l’atterrissage et que ce sont donc des moments critiques du vol où les conditions de sécurité doivent être maximales.

La conséquence d’un accident lors de ces phases du vol est souvent une évacuation de l’avion dans des conditions qui peuvent être plus ou moins compliquées, laquelle évacuation doit prendre moins de 90 secondes.

Imaginez maintenant que vous deviez subitement évacuer un appareil de nuit alors que vous étiez dans une cabine très lumineuse. Vous seriez quasiment aveugles en sortant de l’appareil car il faut de 10 à 30 minutes pour vos yeux s’habituent à l’obscurité. Si dehors le terrain est accidenté, l’environnement hostile, si des débris jonchent le sol, vous seriez incapables de vous mouvoir à extérieur de l’appareil.

10 à 30 minutes pour que les yeux s’habituent à l’obscurité

C’est la raison pour laquelle on diminue l’intensité lumineuse de la cabine lors du décollage et de l’atterrissage : pour que vos yeux soient habitués à l’obscurité en cas d’évacuation.

Un autre bénéfice de cette pratique : cela rend plus visible le marquage lumineux au sol qui guide les passagers vers les issues de secours.

On diminue donc l’intensité lumineuse de la cabine pour les mêmes raisons qu’on oblige l’ouverture des cache hublots. Ici c’est pour s’habituer à l’obscurité alors que dans l’autre cas c’est pour s’habituer à la lumière, c’est tout.

Image : cabine avion qatar airways de nuit de Jordan Tan via Shutterstock

Bertrand Duperrin
Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a cofondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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