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Pourquoi faut-il ouvrir les cache hublots au décollage et à l’atterrissage

Une question fréquemment posée ici et ailleurs : mais pourquoi donc le personnel de bord nous demande-t-il d’ouvrir les cache hublots au décollage et à l’atterrissage ?

Et bien c’est très simple : pour vous permettre de profiter de la vue !

Non, en fait c’est beaucoup plus prosaïque que cela : c’est pour des raisons de sécurité. Sachant que ce sont les deux périodes les plus critiques du vol, certaines précautions spécifiques sont prises.

Lors d’un décollage ou un atterrissage savoir ce qui se passe dehors peut sauver la vie

Imaginez un décollage ou un atterrissage qui se passe mal. Il se peut que toutes les issues de secours ne soient pas utilisables même si on peut les ouvrir (en cas d’incendie ou si une fois dehors on se retrouve coincé sans pouvoir s’éloigner….) et sachant que le personnel a pour obligation de faire évacuer la cabine en moins de 90 secondes (et cela peu importe la taille de l’appareil et le nombre de passagers) cela lui permet d’identifier de suite les issues à ne pas utiliser pour ne pas perdre de temps voir ne pas aggraver la situation.

Cela permet également aux passagers d’avoir les yeux habitués à la lumière ambiante (là encore en cas d’évacuation). Imaginez qu’au moment de sortir pour évacuer et devoir vous éloigner le plus rapidement de l’avion dans un milieu parfois hostile (surtout en cas d’atterrissage d’urgence hors d’un aéroport…) vous soyez ébloui en empruntant l’issue de secours (de jour) ou au contraire que de nuit vos yeux ne soient pas habitués à l’obscurité ? La variation de notre acuité visuelle entre si on est acclimatés à la lumière ambiante et si on est subitement exposés à un changement de luminosité varie en effet de 1 à 1000.

C’est également pour cette dernière raison que de nuit on abaisse l’intensité lumineuse de la cabine pendant les phases de décollage et d’atterrissage (et pas pour donner plus de puissance aux moteurs).

Le passager joue aussi un rôle dans la sécurité d’un vol

A l’occasion cela permet aussi à des passagers installés aux hublots de signaler au personnel de bord un incident avant qu’il ne le remarque lui-même. Un réacteur réacteur qui prend feu un bout d’aile en train de se détacher par exemple. Les fans de AirCrash ou Mayday Danger dans le ciel n’ont pas besoin d’être convaincus.

Est-il obligatoire de fermer les cache-hublots au décollage et à l’atterrissage ?

J’ai été impressionné du nombre de discussions sur le sujet sur des forums spécialisés. A croire que certains passagers se sentent atteints dans leurs droits les plus élémentaires lorsqu’on leur demande d’ouvrir un cache-hublot (et je ne parle même pas de leur fermeture en vol qui est un autre sujet). Un peu comme si le passager assis côté hublot était le propriétaire du hublot !

Donc j’ai recherché la réponse à la vraie question derrière tout cela. Et elle est double : la compagnie doit elle imposer l’ouverture des cache hublots et, ensuite, le passager doit-il obtempérer ?

La réponse a la première question est évidente : quand on voit à quelles point les diverses agences de sécurité aérienne sont pointilleuse, elles obligent naturellement les compagnies à prendre ce type de précaution.

Et bien non ! Aucune réglementation n’impose aux compagnies d’imposer l’ouverture des cache hublots !

Si vous regardez le Cabin Safety Index de la très sourcilleuse FAA vous n’y verrez pas une seule fois le mot « window » dans ses 135 pages.

Peut-être côté européen ? Pas mieux du côté de l’AESA où la seule mention à une fenêtre est à trouver dans une décision de 2017 (ou plutôt dans son annexe). Il y est dit qu’avant le décollage et l’atterrissage les passagers doivent être informés de ce qui a trait de la sécurité dans la cabine : position des tablettes, accoudoirs, reposes-pieds, cache-hublots etc. Mais sans donner d’instruction sur ces positions.

Le seul cas d’ouverture de cache-hublot obligatoire prévu est « en cas d’urgence ».

Donc la décision d’imposer l’ouverture des cache-hublots ne dépend que de la volonté de la compagnie. Elles ont en effet toute latitude pour imposer des normes plus sévères que ce que prévoit la réglementation. Prenez l’exemple des cigarettes électroniques : leur usage n’est pas autorisé alors que celui de la cigarette est interdit ! Vous avez compris la nuance ? Une interdiction vient de la réglementation sur la sécurité aérienne, la « non autorisation » vient des compagnies qui n’ont aucune envie de gérer les conflits entre vapoteurs et non vapoteurs.

L’ouverture des cache-hublots est la norme ou quasiment la norme en Europe et en Asie et c’est prévu de manière très aléatoire aux USA où les retours d’expérience montrent plutôt que les compagnies n’imposent rien. Il y a quand même aux USA le cas des appareils sans hublot sur les portes avant où est assis l’équipage (comme le CRJ) où on demande l’ouverture du hublot du siège 1A pour contrôle.

Vu le nombre de discussions sur les forums où des passagers Nord-Américain se plaignent de se voir imposer la fermeture des cache-hublots au décollage et à l’atterrissage on voit que la différence culturelle se cache dans les détails. Avec mention spéciale pour les compagnies Chinoises qui ont l’air les plus brutales sur la forme.

Alors qu’est-ce qu’on risque si on refuse de fermer les cache-hublots ?

Et bien absolument rien puisque ça n’est pas une obligation légale !

Et bien oui, vous risquez quelque chose et cela pour deux raisons.

D’abord, si la compagnie a inscrit cela dans une procédure opérationnelle requise par la FAA ou l’AESA et bien cela a la même force que si ça venait de l’autorité en question.

Ensuit et tout simplement parce qu’à bord, et ça c’est prévu dans la réglementation, on doit se conformer aux instructions de l’équipage. L’équipage doit respecter les procédures opérationnelles de la compagnie et les faire respecter aux passagers. La parole de l’équipage c’est la loi, peu importe le sujet on obéit. Point.

Je n’ai eu vent d’aucun cas d’escalade suite à une affaire de cache hublots mais on peut imaginer que l’arsenal est le même que pour une personne violente, ivre, ou portant une menace manifeste à la sécurité du vol. La personne peut être débarquée voire remise aux autorités.

Et sans aller jusque là le passager peut se voir coller l’étiquette « PAXI » pour passager indiscipliné et la compagnie pourra aller jusqu’à le refuser sur de futurs vols.

Voilà pour clore un sujet qui m’a l’air de beaucoup échauffer les esprits alors qu’un peu de lucidité, de savoir vivre voire d’intelligence suffiraient.

Photo : Cache Hublots De Flystock via Shutterstock

Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a confondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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