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Qatar Airways : l’isolement jusqu’à la lie ?

Le moins qu’on puisse dire c’est que Qatar Airways ne semble pas être une compagnie si facile à vivre. Elle l’est peut-être pour des clients qui la plébiscitent mais visiblement pas pour ses partenaires aérien.

Qatar une compagnie régionalement isolée

Beaucoup de gens vont un peu vite en besogne en mettant les 3 “Gulf Sisters” (à savoir Emirates, Etihad et Qatar) dans le même sac. Ce qui est une erreur. Emirates et Etihad sont des compagnies des Emirats Arabes Unis et Qatar Airways une compagnie….du Qatar.

En 2017 et en raison des relations troubles supposées entre le Qatar et certaines organisations terroristes, un certain nombre de pays dont les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, Bahrain, L’Egypte, les Maldives, la Mauritanie, le Sénégal, Djibouti, les Comores, la Lybie et le Yemen ont décidé de durcir leurs relations avec l’émirat.

Ce durcissement des relations inclut la fermeture de leur espace aérien aux appareils Qatari. Leurs compagnies respectives ont bien sur interrompu les liaisons op”rées vers Doha.

Regardez la carte de la région et vous comprendrez l’étendue du problème.

Tous les vols Qatar Airways à destination de l’Europe ou de l’Afrique doivent donc passer aujourd’hui par l’espace aérien iranien. Non seulement cela n’est pas confortable pour les passagers qui voient leur temps de transport augmenter mais on imagine l’impact sur les coûts carburant.

Imaginez Air France obligée de passer par l’Espagne pour desservir l’Europe du nord, de l’Est et l’Asie et vous comprendre l’étendue du problème.

En tout cas à ce jour rien ne laisse présumer une amélioration de la situation à court terme.

Qatar en guerre dans sa propre alliance aérienne

Il y une règle d’or dans l’aérien : quand on ne peut opérer une route de manière techniquement ou économiquement rentable, on le fait avec ses partenaires. Et Qatar Airways fait partie de l’alliance OneWorld avec, entre autres, le groupe IAG (British Airways, Iberia), American Airlines, Qantas, Cathay Pacific et de nombreuses autres.

Or les relations entre la compagnie du Golfe et ses partenaires est loin d’être au beau fixe.

Les relations avec American Airlines (et de manière générale les compagnies américaines) sont historiquement tendues sur fonds de querelle sur les possibles subventions illégales perçues par la compagnie de la part de l’Etat. Tendues à point qui permet aujourd’hui un retrait de Qatar de l’alliance.

Pour compliquer le tout et montrer à quel point ce sac de nœuds inextricable peut provoquer une relation en chaîne, Qatar Airways a pris des participations substantielles dans IAG group, (British Airways et Iberia) Cathay Pacific ou encore LATAM.

Un Qexit improbable ?

Pour certains ces investissements sont sinon la preuve sinon une garantie que Qatar ne quittera pas OneWorld tellement l’opération serait compliquée. On peut également prendre le problème dans l’autre sens et se dire qu’à l’heure où il semble que les partenariats financiers et opportunistes tendent à se développer au détriment des alliances majeures, Qatar pourrait faire exploser OneWorld en créant son pool de partenaires. Ou en sortir seul en maintenant des accords privilégiés avec les compagnies dans laquelle elle aura investi.

Alors oui isolement relatif quand on a  15% d’IAG… Mais l’IAG d’un “no deal brexit” ? Un IAG Européen ? Un IAG dans le cadre d’un brexit avec accord ? Pas du tout la même situation.

Un risque de Qexit qui n’est pas sans rappeler une situation bien connue en Europe aujourd’hui.

Les Gulf Sisters ne sont pas immortelles

D’aucuns diront que Qatar ne risque rien. Le pays a de l’argent et pourra soutenir sa compagnie le temps que la situation se pacifie. Sauf qu’il y a une différence entre acheter des joueurs de foot à prix d’or et soutenir l’économie toujours fragile d’une compagnie aérienne.

L‘état d’Etihad à qui on prêtait peu ou prou les mêmes atouts doit amener à réfléchir du côté de Doha. Tout comme la possibilité de consolidation du marché aux Emirats avec la constitution d’un concurrent surpuissant.

Qatar 2002 en toile de fond

Tout cela se passe, on aurait tort de l’oublier, dans le contexte de la prochaine coupe du monde de football qui verra des tonnes de supporters déferler vers Doha (même s’il semble acquis qu’on sera loin de l’engouement qu’on aurait pu avoir dans un pays européen, sud américain, voire asiatique).

Si la compagnie continue à être isolée à la fois  régionalement et industriellement, si Doha devient plus difficile à atteindre, c’est l’économie de l’événement qui est en jeu.

Photo : Qatar Airways De Fasttailwind via Shutterstock

Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a confondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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