Des avions sans enfants : une demande mais pas encore une tendance

Qui n’a jamais pesté contre ce gamin intenable qui n’a cessé de donner des coups dans le dossier de votre siège ou celui dont les pleurs vous ont empêché de dormir sur un long vol de nuit ? Personne. Même pas des parents prompts à trouver toutes les excuses à leur propre progéniture ni les plus grands fans de nos petites têtes blondes.

Les enfants en avion : tout sauf un plaisir (même pour eux)

Espace de voyage confiné par définition et adapté aux longs trajets l’avion n’est pas forcément le plus adapté aux plus jeunes et ça n’est pas pour rien que de nombreuses compagnies leurs prêtent une attention particulière et leurs fournissent de quoi s’occuper, parfois toute l’année, parfois au travers de dispositifs spécifiques au moment des vacances.

De par sa nature même l’avion exacerbe tout les irritants d’un voyage. Espace confiné, bruyant, impossibilité de changer de place, faible espace personnel. Toutes les attitudes qui nous incommodent au sol y sont encore plus mal vécues. Subir les braillements d’un nouveau né chez soi ou dans restaurant est déjà désagréable (surtout lorsque ça n’est pas le sien), supporter un ado turbulent ne vaut pas mieux et en avion cela tourne au supplice.

Mais la critique est facile et si les enfants peuvent être une source d’inconfort en avion ça n’est que rarement de leur fait. Le bruit, le manque d’espace, les turbulences, le fait de devoir rester assis à sa place pendant des heures sont autant de choses qui créeront de l’inconfort chez les plus petits et une impatience chez les plus grands. Et je ne parle même pas des problèmes de comportements et d’éducation qui s’ils ne sont pas le propre des enfants est plus facilement remarqué et reproché chez eux.

S’ils sont cause d’inconfort et sont un problème pour certains passagers, ils n’ont souvent pas demandé à être là et vivent la situation tout aussi mal.

Certains passagers ne veulent plus avoir d’enfants à proximité

Certains passagers étant moins tolérant que les autres il existe une vraie demande pour, non pas des vols sans enfants, mais en tout cas des espaces sans enfants dans les avions.

En 2017 un sondage du site AirFareWatchDog nous apprenait que plus de la moitié des répondants était favorable à ce que les familles avec de jeunes enfants soient cantonnés à une zone réservée de la cabine et sur les forums spécialisés nombreux sont ceux qui demandent de tels dispositifs et certains sont même prêts à payer plus cher pour cette tranquillité.

De son coté cet article de la BBC rapporte qu’un sondage réalisé par Jetcost.co.uk montre que 53% de personnes interrogées sont favorables à des vols sans enfants et que selon un sondage TripAdvisor plus d’un tiers des britanniques sont prêts à payer plus cher pour éviter la présence d’enfants.

Selon un sondage du site de réservation LateDeals.co.uk c’est 70% des passagers qui seraient favorables à des zones sans enfants.

Il s’agit donc d’une demande qui semble bien réelle mais qui ne se traduit pas du tout dans les politiques des compagnies aériennes.

Quelles compagnies aériennes proposent des zones sans enfants ?

Aujourd’hui très peu de compagnies proposent de séparer les enfants ou les familles avec enfants les autres passagers.

AirAsia X a lancé sa “quiet zone” (zone silencieuse) en 2013. Elle comprend le 7 premiers rangs après la cabine premium et seuls les passagers de plus de 10 ans y sont autorisés. Il faut payer un supplément pour y accéder.

Par ailleurs la low cost asiatique limite le nombre d’enfants à bord de ses vols sans qu’on sache exactement à combien.

Indigo, une low cost indienne, a mis en place sa quiet zone en 2016. Elle se compose des rangs 1 à 4 et 11 à 14.

Malaysia Airlines a interdit, elle, la présence d’enfants en bas age en première classe sur ses B747 et les moins de 12 ans sont interdits dans la partie de classe économique située sur le pont supérieur des jumbos. Cette politique ne s’applique que sur la petite partie de classe économique du pont supérieur des A380.

Scoot, une autre low cost, interdit 33 sièges répartis entre la business et l’éco aux moins de 12 ans.

Virgin Atlantic a voulu expérimenter une autre approche avec une partie de la cabine réservée aux enfants mais cela leur a été interdit. En effet en cas d’incident cela aurait posé des problèmes de sécurité majeurs pour l’évacuation.

Rappelons pour finir que Japan Airlines permet de savoir au moment de la réservation du siège s’il y a des bébés à proximité.

Il est amusant de noter que c’est chez les low cost que la pratique de la “quiet zone” semble avoir le plus de succès alors qu’on peut penser que les familles avec enfants constituent une part importante de leur clientèle. Ou alors c’est peut être justement parce qu’ils ont beaucoup d’enfants à bord…

Les zones sans enfant : entre gadget et mission impossible ?

Nous sommes totalement d’accord avec le fait d’essayer autant que faire se peut de circonscrire les zones “bruyantes” à une partie de l’appareil mais les options mises en œuvre ne nous semblent pas réalistes.

Les cris et les pleurs c’est comme la fumée à l’époque des vols fumeurs : si vous êtes dans une zone sans enfants au rang 4 et qu’un enfant pleur au rang 6 vous voilà bien avancé !

La meilleure option serait de faire des segments entiers de cabine sans enfants mais vu le nombre de siège que cela représente cela semble irréaliste.

Quant à interdire les enfants dans certaines classes comme la business ou la first nous n’y croyons pas plus. Pour avoir voyagé aux côtés d’enfants en business je peux vous dire que les ai trouve infiniment plus calmes qu’en éco. Ce qui reviendrait à dire que le problème n’est pas tant l’enfant que les conditions dans lesquelles il voyage : en business avec un vrai lit et en ayant plus d’espace autour d’eux tout va bien ! Et dans ces classes le prix du billet limite nécessairement la présence des plus jeunes.

Quant à Malaysia sa “no kids policy” ne s’applique que sur des avions à double étage, ce qui n’est pas idiot. Mais ces appareils ne risquent pas de revoler de si tôt pour la compagnie malaisienne, si elle reprend leur exploitation un jour.

Et on ne parle pas de l’impact que cela aurait en termes de communication. Si beaucoup de personnes sont favorables à des zones sans enfants il ne semble pas que cela fasse assez de monde pour justifier une mesure qui serait mal acceptée par une grande partie des familles.

Et puis vu le contexte, dans les temps à venir les compagnies n’auront pas trop les moyens de faire les difficiles tant que les avions sont pleins.

Un vol au calme sans enfants ? Tout le monde est pour mais personne n’a trouvé à ce jour la bonne solution pour le faire efficacement sans froisser personne et de manière réaliste par rapport au revenu et au remplissage des cabines.

Image : enfant dans l’avion de FamVeld via Shutterstock

Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a confondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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