La triste actualité récente amène tous les passagers aériens à se poser des questions sur la sûreté des vols. Si celle-ci semble assurée correctement depuis l’Europe et les Etats-Unis, ce n’est pas toujours le cas depuis d’autres pays, notamment émergents.
Ces inquiétudes sont aussi étayées par les observations faites aujourd’hui par les voyageurs fréquents comme Bertrand et moi-même. Etat des lieux d’une situation hétérogène, potentielle bombe à retardement.

Sûreté, sécurité, késako ?

Il faut distinguer la sécurité de la sûreté dans tous les domaines, mais particulièrement dans l’aéronautique. Lorsque l’on parle de sécurité, l’on parle de l’état de maintenance des avions, de la formation des équipages et du respect de la règlementation par exemple.
La sûreté, ce sont les mesures qui sont prises pour éviter l’occurrence d’évènements extérieurs malveillants pouvant causer des dommages allant jusqu’à la perte de l’aéronef.
Et c’est bien de cela qu’il s’agit : comment s’assurer qu’aucune personne mal intentionnée ne porte atteinte à l’intégrité d’un aéronef, à ses passagers ou même à l’aéroport d’embarquement ?

Des contrôles hétérogènes, mais pourquoi ?

Toute personne qui voyage un tantinet soit peu sait que les contrôles de sécurité sont très hétérogènes en fonction des pays traversés.
Si les contrôles au sein de l’espace Schengen sont homogènes, et quasiment identiques aux contrôles américains, il n’en est pas de même dans tous les pays d’Asie, et encore moins sur le continent africain.
Rien que la semaine dernière, je suis passé au contrôle de sûreté à Tunis avec une bouteille d’eau minérale, et la personne qui était derrière moi, en fauteuil roulant, n’est même pas passée dans le détecteur de métaux et n’a pas subi de palpation.
Si le fait de passer une bouteille d’eau semble mineur, la palpation est indispensable lorsque le détecteur de métaux n’est pas utilisé. Car dieu sait ce qu’elle pouvait cacher sur elle…

S’il y a une certaine hétérogénéité dans les mesures de sécurité, c’est que chaque pays est responsable du niveau de sécurité des postes d’inspection-filtrage. Et tous les pays n’appliquent pas de mesures aussi draconniennes !

Des mesures radicales nécessaires

Si la liste noire des compagnies aériennes de l’Union Européenne existe depuis le crash du vol 604 de la Flash Airlines au décollage de Sharm-el-Sheikh, peu de choses sont faites quant aux escales desservies par les compagnies, y compris les compagnies où la sécurité est la plus élevée.

Ainsi, pour reprendre l’exemple évoqué précédemment, n’importe quelle compagnie desservant Tunis subit les mêmes risques en termes de sûreté, que cela soit au niveau des passagers comme des bagages de soute.
Certaines compagnies comme El Al, ou certains pays comme les Etats-Unis imposent des mesures de sécurité supplémentaires au départ des vols vers leur pays respectif.

De telles mesures sont absolument obligatoires pour éviter des drames comme celui du Sinaï, sous peine de ne plus desservir ces escales non sûres en termes de filtrage.

Quelles sont vos expériences sur le sujet ?