Marjan Rintel nouvelle présidente de KLM : déjà sur la corde raide ?

KLM n’a tardé à trouver un successeur à Pieter Elbers dont nous vous annoncions le départ dernièrement. Il sera remplacé par Marjan Rintel à compter du 1er juillet.

Qui est Marjan Rintel

Marjan Rintel est l’actuelle présidente de la compagnie ferroviaire Dutch Railways (NS) où elle officie depuis 2017

Mais ça n’est pas pour autant une inconnue chez KLM où elle a travaillé auparavant pendant 15 ans, y compris en occupant certains postes au sein d’Air France-KLM.

Marjan Rintel un bon choix pour KLM ?

On l’avait expliqué dans notre article sur le départ de Pieter Elbers, ce choix est un choix autant stratégique que politique.

Stratégique car sa mission première est de préparer le futur de KLM dans le contexte économique, sanitaire, géopolitique et écologique que l’on sait.

Elle devra également contribuer à développer les synergies entre Air France et KLM pour former un vrai groupe et non plus l’attelage disparate issu d’un mariage raté qu’on a connu jusqu’à présent.

Politique parce qu’il fallait donner des gages au personnel quant à l’indépendance de KLM et le fait qu’elle ne ne devienne pas une simple vassale d’Air France. D’où le fait, que nous avions anticipé, que le poste ne pouvait échoir qu’à une batave.

De ce point de vue Marjan Rintel coche toutes les cases : ancienne de la maison elle connait et l’entreprise et le secteur, ancienne de Dutch Railways on attendra qu’elle développe les synergies avec le rail pour aider KLM à atteindre ses objectifs environnementaux, néerlandaise elle défendra les intérêts de KLM au sein d’Air France KLM.

En plus il s’agit d’une femme, ce qui fait qu’avec Anne Rigail les deux compagnies du groupe sont dirigées par des femmes. Ajoutons à cela qu’Anne-Marie Couderc occupe la présidence non exécutive d’Air France KLM.

Sur la corde raide ?

L’exercice ne sera pas des plus aisé pour la nouvelle présidente de KLM. Justement pour les raisons que nous venons d’évoquer.

Sa roadmap est claire : favoriser les synergies avec Air France tout en maintenant un certain niveau d’indépendance.

Elle devra donner des gages d’un côté à Ben Smith et de l’autre au personnel de KLM (voire au gouvernement néerlandais). Sa marge de manœuvre est donc très faible car on imagine pas le personnel ne pas réagir à ce qui s’apparenterait à une dilution trop forte de KLM au sein d’Air France-KLM, de la même manière qu’on n’imagine pas un Ben Smith laisser s’installer une Elbers bis.

Le pire serait qu’à vouloir contenter les deux son action ne se retrouve paralysée.

Conclusion

Une nouvelle présidente vient d’être nommée à la tête de KLM . Si son CV donne des garanties dans de nombreux domaines, sa marge de manœuvre politique est des plus faibles.

De sa capacité à utiliser au mieux sa fine marge de manœuvre dépend en partie l’avenir du groupe Air France-KLM.

Crédit Image : KLM

Bertrand Duperrin
Bertrand Duperrinhttp://www.duperrin.com
Voyageur compulsif, présent dans la communauté #avgeek française depuis la fin des années 2000 et passionné de (longs) voyage depuis sa jeunesse, Bertrand Duperrin a cofondé Travel Guys avec Olivier Delestre en mars 2015. On peut le retrouver aussi aussi sur http://www.duperrin.com où il parle depuis plus de 10 ans de la transformation digitale des organisations, son métier quand il est au sol.
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