Il y a deux semaines, Emirates, l’une des compagnies aériennes les plus puissantes du monde faisait face un accident majeur sur son hub de Dubaï international.

282 passagers et 18 membres d’équipage, en provenance de l’aéroport de Thiruvananthapuram en Inde, sur le vol EK521, parvenaient à s’échapper miraculeusement de la carlingue du Boeing-777–300ER qui se retrouve prise par les flammes.

Cet accident, le premier d’une telle importance pour une Major du Golfe montre déjà une première chose : ces compagnies ne sont pas infaillibles.

Il montre également que, même si le plan de communication de la compagnie a été efficace, l’interventionnisme des autorités dénote un manque de maturité certain des régimes politiques qui gouvernent ces régions du monde.

Les faits

Le vol a décollé à 10:34 locales de l’aéroport de Thiruvananthapuram. Entre ce moment-là et l’atterrissage, à 12:34 locales, nous n’avons pour l’instant que peu d’éléments sur ce qui s’est réellement passé.
Nous disposons, cependant, de plusieurs sources qui permettent d’en savoir plus sur ce qui s’est passé à l’atterrissage :

  • Un enregistrement du contrôle aérien permettant d’entendre les communications radio avant l’accident.
    https://www.youtube.com/watch?v=ULhlvu44eDoPeu d’informations sur l’avant-crise, si ce n’est une demande de TOGA du contrôle à l’avion, puis le silence, y compris aux propositions de secours.
  • Plusieurs enregistrements vidéo du moment du crash, comme celui présenté ci-dessous :
    https://www.youtube.com/watch?v=7lyjRefyufgSur cette vidéo, plusieurs éléments intriguent :

    1. Le réacteur gauche semble s’être détaché de l’appareil, probablement sous le coup de la violence de l’atterrissage. On imagine que cette perte d’un élément clé de l’appareil a empêché une manœuvre propre après le toucher de l’aéronef ;
    2. Le train-avant non déployé, qui est soit une cause, soit une conséquence de l’accident. Ce qui est sur, c’est que c’est une cause probable de l’incendie qui va ravager l’appareil une fois celui-ci arrêté. Avec ces éléments, difficile de déceler l’origine de l’accident, des fautes humaines comme techniques étant possibles.
  • Plusieurs vidéos de l’évacuation de l’appareil qui sont affligeantes à plusieurs points de vue :

    1. L’attitude globale des passagers, majoritairement indiens, et qui ont visiblement un instinct de possession plus fort que l’instinct de survie. Mais comment est-ce possible ? Si je veux bien comprendre les différences culturelles qui expliquent une telle réaction, l’instinct de survie devrait être plus fort que tout. N’est-ce pas cela qui démontre la maturité d’une société ?
    2. Le manque d’autorité, voir l’absence totale des PNC dans cette évacuation, et qui ont donc laissé les passagers débarquer en ouvrant les racks à bagages, au risque de se voir engloutis par le feu.

    Nous sommes loin, très loin de l’héroïsme dont avait fait preuve l’équipage lors du crash du vol Air France Paris–Toronto en 2004.

  • Enfin, plusieurs vidéos de l’appareil aux prises avec les flammes puis remorqué pour destruction, donnent aussi peu d’éléments, si ce n’est que l’avant a été plus touché que l’arrière de l’appareil, montrant que le feu s’est déclenché sous la cabine First du transporteur dubaïote.
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Olivier est sur la blogosphère du transport aérien depuis 2010. D'abord contributeur majeur du forum FlyerTalk, il crée en juillet 2012 le site FlyerPlan, et rédige des articles à l'écho majeur chez les spécialistes de l'aérien. Il co-dirige désormais le blog TravelGuys avec Bertrand, en se focalisant sur l'expérience de voyage et les programmes de fidélité. Et bien sûr, tous vos articles préférés de FlyerPlan sont désormais sur TravelGuys !