Comme l’indique USA Today dans un article paru le 11 avril dernier, le tribunal administratif de Rome vient de bloquer la desserte de la liaison Milan Malpensa – New-York JFK par Emirates, sur recours d’Assaero, le représentant des compagnies italiennes.

Sans vouloir contester le bienfondé juridique de la décision de ce tribunal, force est de constater qu’il pourrait s’agir d’une mesure de protectionnisme en faveur des compagnies en place, et pas en faveur des voyageurs auraient pu bénéficier d’une baisse significative des prix.

Une liaison assurée par Emirates depuis le 1er octobre 2013

La liaison entre Milan Malpensa et New-York JFK est assurée par Emirates depuis le 1er octobre 2013.

Cette desserte, qui porte le numéro de vol EK206, est opérée en Boeing 777-300ER 3 classes, et fait la liaison de bout en bout DXB-MXP-JFK et retour. Il ne s’agit donc pas d’un vol dédié à une relation transatlantique, mais bien d’une escale d’un vol DXB-JFK, même si la compagnie n’a jamais démenti vouloir tirer profit d’une clientèle transatlantique.

Un battage médiatique injustifié

Le battage médiatique autour de cette liaison parait hautement injustifié. Si la démarche d’Emirates n’est, certes, pas commune, elle n’est pas inédite.

Aussi, Singapore Airlines assure, notamment, une liaison entre Francfort et New-York en continuation de leur vol en provenance de Singapour (SQ26).

Delta Air Lines, l’un des plaignants auprès du tribunal italien, exploite depuis plusieurs décennies des vols en Asie depuis Tokyo ou Séoul vers Bangkok, Hong Kong ou Manille avec ses propres appareils, et vend ces vols intra-Asie à la clientèle locale… C’est donc un peu l’hopital qui se fout de la charité…

Le protectionnisme aérien n’a pas d’avenir

Le protectionnisme aérien, même fondé sur une règlementation n’a pas réellement d’avenir. Au final, les clients doivent avoir le choix, et se retrancher derrière son pré carré n’aide pas vraiment les compagnies historiques dans leur amélioration sur les prix et la qualité de service, pourtant nécessaire à leur tenue sur la durée.

Le protectionnisme aérien est également en train de cesser sur les politiques voyages des entreprises, notamment américaines, dont certaines imposent à leurs salariés de voyager exclusivement sur les compagnies nationales, à la qualité discutable sur le long courrier : les coûts plus bas des compagnies étrangères imposent ce changement de mentalité !